Cahier Education

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Révision datée du 19 janvier 2012 à 15:04 par Galilea (discussion | contributions) (Questions)

Questionnaire candidats.fr Cahier n°6 : Éducation

Les questions pour les présidentielles 2007 sont ici : http://candidats.fr/category/Education

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En bref...

Enseignement de l'informatique

Former le futur citoyen à la société de la connaissance et de l'information relève fondamentalement des enseignants.Cela suppose qu'à l'École il se soit approprié des notions fondamentales et construit des représentations mentales opérationnelles, dans des démarches fondées sur les concepts et non des "recettes", contribuant à former des utilisateurs "intelligents" et non "presse-boutons". L'approche actuelle, celle du Brevet Informatique et Internet (B2i), ne permet pas cela.

Cela implique que la culture générale que les élèves construisent au long de leur formation, comprenne un volet de nature scientifique et technique, faisant toute sa place à l'informatique. Cela passe au lycée par une discipline scolaire en tant que telle pour toute les filières et au collège par un enseignement de l'informatique qui dépasse la seule validation de « savoirs-cliquers ». Cette approche est complémentaire de l'utilisation pédagogique des TIC dans les autres matières. Elle en est même une condition nécessaire d'un usage raisonné et efficace.

Logiciels et contenus libres dans l'Éducation

Les logiciels et les ressources libres connaissent de réels développements dans l'Éducation nationale.Ils sont en phase avec les missions du système éducatif et la culture enseignante de diffusion et d'appropriation par tous de la connaissance et des savoirs.

De nombreux enseignants "auteurs-utilisateurs" produisent des ressources pédagogiques de qualité dans des démarches coopératives analogues à celles des développeurs de logiciels libres. Ils choisissent des licences libres pour leurs réalisations, qui peuvent donner lieu à des coéditions avec des éditeurs publics (comme des CRDP) et privés. De ces points de vue, le cas de l'association Sésamath[1] est exemplaire.

Si l'on constate donc des avancées significatives vers le pluralisme technologique et pédagogique, il reste néanmoins encore à faire pour atteindre pleinement cet objectif. Des impulsions doivent être données, des soutiens accordés, des préconisations faites, des initiatives prises.Pour cela, il convient d'encourager les enseignants à diffuser leurs travaux sous licence libre et veiller à ce que le pluralisme technologique soit effectif dans les établissements scolaires.

Exception pédagogique

La loi du 1er août 2006 relative aux droits d’auteur et aux droits voisins dans la société de l’information, dite loi DADVSI[2], établit une exception pédagogique, parmi les exceptions privées ou publiques.Il s’agit plus précisément d’une exception relative à l’enseignement. Son cadre d’application est strict et limitatif[3]. Cette "exception" ne correspond pas à l’esprit de la directive européenne[4] qu'elle était censée transposer.

Parmi toutes les exceptions à cette exception, on y lit notamment qu'elle ne s'applique pas aux œuvres réalisées à des fins... pédagogiques. Cette situation est absurde : un éditeur ou un auteur ne doit pas pouvoir verrouiller l'accès au savoir sous prétexte de pédagogie.

Questions

Enseignement de l'informatique

Question 6.a : Pensez-vous que les B2i, dans sa version actuelle, est inadapté ? Quelles sont vos positions sur l'avenir du B2i ?

Question 6.b : Êtes-vous favorable au caractère obligatoire et à l'extension de l'enseignement "Informatique et Sciences du numérique" aux séries ES et L en Terminale ? Êtes-vous favorable à un enseignement de l'informatique pour tous dès la classe de seconde ?

Question 6.c : Êtes-vous favorable à une composante informatique solide dans le cadre du cours de technologie au collège, pour tous les élèves ? À la création d'une option informatique en quatrième ou en troisième ?

Question 6.d : Êtes-vous favorable à une révision de l'article L312-6 Code de l'éducation[5] aux fins de sensibiliser les élèves à une approche de partage des contenus soumis au droit d'auteur dans l'environnement numérique ?

Logiciels et contenus libres dans l'Éducation

Question 6.e : Partagez-vous cette vision que les logiciels et ressources libres sont en phase avec les missions du système éducatif ?

Question 6.f : Êtes-vous favorables à la généralisation des logiciels libres sur les postes à disposition des élèves et enseignants ?

Question 6.g : Comment comptez-vous développer les ressources pédagogiques libres et inciter les personnels de l'éducation nationale à diffuser leurs travaux sous une licence libre ?

Exception pédagogique

Question 6.h :Comptez-vous adopter un cadre législatif instituant une véritable exception pédagogique dans le système juridique du droit d’auteur, à savoir l'utilisation sans limites des ressources à des fins pédagogiques et non commerciales ? Comptez-vous instaurer un cadre législatif analogue à celui du "fair use" ?

Développements

Enseignement de l'informatique

Former le futur citoyen à la société de la connaissance et de l'information relève fondamentalement des enseignants.Cela suppose qu'à l'École il se soit approprié des notions fondamentales et construit des représentations mentales opérationnelles, dans des démarches fondées sur les concepts et non des "recettes", contribuant à former des utilisateurs "intelligents" et non "presse-boutons". L'approche actuelle, celle du Brevet Informatique et Internet (B2i), ne permet pas cela.

Cela implique que la culture générale que les élèves construisent au long de leur formation, comprenne un volet de nature scientifique et technique, faisant toute sa place à l'informatique. Cela passe au lycée par une discipline scolaire en tant que telle pour toute les filières et au collège par un enseignement de l'informatique qui dépasse la seule validation de « savoirs-cliquers ». Cette approche est complémentaire de l'utilisation pédagogique des TIC dans les autres matières. Elle en est même une condition nécessaire d'un usage raisonné et efficace.

L'inadaptation de l'approche actuelle fondée sur le Brevet Informatique et Internet (B2i)

Le Brevet informatique et internet (B2i), est une attestation délivrée aux élèves des écoles élémentaires, des collèges, des lycées et aux adultes qui sanctionne leur capacité à utiliser les outils informatiques et Internet. Le B2i, addition d'éléments plus ou moins liés aux technologies de l'information et de la communication sans cohérence ni logique, ne permet pas aux élèves d'acquérir les connaissances techniques et la réflexion indispensable au bon usage des outils informatiques. C'est le constat du rapport de la mission parlementaire de Jean-Michel Fourgous sur la modernisation de l’école par le numérique[6][7] : « le B2i ne prend pas en compte ni la capacité à pouvoir se former tout au long de la vie, ni les connaissances techniques de base nécessaires pour comprendre les outils numériques ».

Dès lors, Le B2i, en l'absence de finalité pédagogique claire et d'une formation des professeurs adéquat, ne peut être considéré comme un enseignement à part entière de l'informatique, alors que le rapport Fourgous conclut que « La mise en place d'une matière informatique est une nécessité dans une société où tout fonctionne via le numérique ».

L'enseignement de l'informatique comme discipline à part entière

L'enseignement de l'informatique comme discipline à part entière est essentielle. Il ne doit pas se contenter d'établir un panorama des solutions existantes. Il doit former l'esprit critique des élèves sur la mode de conception des logiciels et les principes fondamentaux de l'informatique[8][9].

Le programme « Informatique et sciences du numérique »[10] a été élaboré à destination des seules Terminales S. Un tel enseignement ne doit pas demeurer facultatif et limité à une unique filière. Un véritable enseignement de l’informatique doit être introduit pour toutes les filières du lycée mais aussi dès le collège. Rappelons que, dans plusieurs pays, l’informatique en tant que discipline a été intégrée dans l’enseignement général, parfois en matière obligatoire[11]. Le Brevet informatique et internet (B2i), dont l’échec est avéré, ne saurait être en l’état un quelconque palliatif à cette lacune dans l’offre de formation de notre pays.

Le programme « Informatique et sciences du numérique » occulte des notions importantes telles que les logiciels et ressources libres, ainsi que l’interopérabilité et introduit des considérations liées aux récentes lois et aux débats en cours au sujet de l’Internet susceptibles de rompre avec la neutralité pédagogique. Il doit être révisé pour inclure ces notions essentielles et pour supprimer la vision politique du numérique comme un "danger" à contrôler.

La loi[12] demande aux enseignants de sensibiliser leurs élèves aux conséquences du téléchargement illégal. Il est dommageable qu'internet ne soit présenter que comme une menace pour le droit d'auteur. L'approche de partage des contenus soumis au droit d'auteur, avec la présentation notamment des différentes licences libres, doit également faire partie intégrante de la sensibilisation des élèves au droit d'auteur dans l'environnement numérique.

L'utilisation pédagogique des Technologies de l'information et de la communication (TIC) dans les autres matières doit également être encouragée.

Logiciels et contenus libres dans l'Éducation

Les logiciels et les ressources libres connaissent de réels développements dans l'Éducation nationale.Ils sont en phase avec les missions du système éducatif et la culture enseignante de diffusion et d'appropriation par tous de la connaissance et des savoirs.

Si l'on constate donc des avancées significatives vers le pluralisme technologique et pédagogique, il reste néanmoins encore à faire pour atteindre pleinement cet objectif. Des impulsions doivent être données, des soutiens accordés, des préconisations faites, des initiatives prises.Pour cela, il convient d'encourager les enseignants à diffuser leurs travaux sous licence libre et veiller à ce que le pluralisme technologique soit effectif dans les établissements scolaires.

Pluralisme technologique et neutralité dans les établissements scolaires

Éducation nationale s'associe avec des acteurs privés dans des campagnes destinées à informer sur le droit d'auteur, le bon usage des outils technologiques ou encore la sécurité informatique. Ces campagnes ne doivent pas encourager à l'usage des seuls outils fournis par le partenaire. C'est pourtant ce qu'il s'est passé en 2005 avec l'opération "Internet + Sûr", transformée en campagne de communication de Microsoft et dénoncée par des députés [13]. De même, l’Éducation nationale ne peut exiger le recours à une solution unique sur le matériel à destination des élèves.

Généralisation des logiciels libres

Les logiciels libres garantissent notamment l'interopérabilité des données et systèmes ainsi que le contrôle du système d'information et la pérennité des données. En outre, avec les logiciels libres, les élèves et les professeurs peuvent parfaitement utiliser les données et logiciels hors de l'établissement scolaire. Pour toutes ces raisons, les logiciels libres doivent être généraliser sur l'ensemble des postes à destination des élèves et professeurs.

Diffusion des ressources pédagogiques sous licences libres

De nombreux enseignants "auteurs-utilisateurs" produisent des ressources pédagogiques de qualité dans des démarches coopératives analogues à celles des développeurs de logiciels libres. Ils choisissent des licences libres pour leurs réalisations, qui peuvent donner lieu à des coéditions avec des éditeurs publics (comme des Centres régionaux de documentation pédagogique CRDP) et privés. De nombreuses structures encadrant la mutualisation de ressources pédagogiques libres entre enseignants existent déjà. Citons Sésamath[14], EducOOo[15], Scideralle[16] ou encore Ofset[17]. Les enseignants doivent être informés sur la publication des ressources pédagogiques sous licences libres et ce mode de publication doit être encouragé.

Exception pédagogique

La loi du 1er août 2006 relative aux droits d’auteur et aux droits voisins dans la société de l’information, dite loi DADVSI[18], établit une exception pédagogique, parmi les exceptions privées ou publiques.Il s’agit plus précisément d’une exception relative à l’enseignement. Son cadre d’application est strict et limitatif[19]. Cette "exception" ne correspond pas à l’esprit de la directive européenne[20] qu'elle était censée transposer.

Parmi toutes les exceptions à cette exception, on y lit notamment qu'elle ne s'applique pas aux œuvres réalisées à des fins... pédagogiques. Cette situation est absurde : un éditeur ou un auteur ne doit pas pouvoir verrouiller l'accès au savoir sous prétexte de pédagogie.

Les licences libres sont une réponse à l'utilisation sans entraves par les enseignants des ressources dont ils ont besoin pour faire leur cours. Cependant beaucoup de ressources sont sous des licences restrictives. Les enseignants les utilisent malgré tout, en violation des dispositions de la loi DADVSI. Il est important de mettre un terme à cette insécurité juridique en établissant une véritable exception pédagogique dans le système juridique du droit d’auteur, à savoir l'utilisation sans limites des ressources à des fins pédagogiques et non commerciales. Un mécanisme de "fair use" (usage loyal), instaurant des limitations et des exceptions aux droits exclusifs de l'auteur sur son œuvre dans l'intérêt public (cas du droit de citation), pourrait être adopté pour le cas de l'usage pédaogigique.

Références

  1. Sesamath.net « L’association Sésamath a pour vocation essentielle de mettre à disposition de tous des ressources pédagogiques et des outils professionnels utilisés pour l’enseignement des Mathématiques via Internet. » http://www.sesamath.net/.
  2. http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numjo=MCCX0300082L.
  3. Art. L 122-5-3° du code de propriété intellectuelle (CPI) http://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do;jsessionid=CC99CAEC3A3A60ABD461E6234B458523.tpdjo07v_3?idArticle=LEGIARTI000025003518&cidTexte=LEGITEXT000006069414&categorieLien=id&dateTexte=20120119.
  4. Directive 2001/29CE, dite directive EUCD (European Union Copyright Directive) http://europa.eu/legislation_summaries/information_society/data_protection/l26053_fr.htm.
  5. http://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do;jsessionid=CC99CAEC3A3A60ABD461E6234B458523.tpdjo07v_3?cidTexte=LEGITEXT000006071191&idArticle=LEGIARTI000020740392&dateTexte=20120119&categorieLien=id#LEGIARTI000020740392
  6. Rapport Fourgous "Réussir l'école numérique": http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/104000080/index.shtml
  7. Pour une analyse du rapport : http://www.april.org/rapport-fourgous-une-reconnaissance-partielle-des-apports-fondamentaux-du-libre-a-leducation#footnoteref1_ebj9ugx.
  8. Eric Schmidt, patron de Google au sujet de l'enseignement en Angleterre : « J’étais sidéré (...) d’apprendre qu’il n’existe même pas d’enseignement de base de l’informatique dans les écoles britanniques aujourd’hui. Votre programme de technologie se concentre sur la manière d’utiliser un logiciel, mais n’explique pas comment il a été conçu. » http://www.framablog.org/index.php/post/2011/09/04/google-education-angleterre.
  9. http://www.bbc.co.uk/news/technology-15916677.
  10. Plus d'informations : http://www.april.org/reponse-de-lapril-la-consultation-sur-lenseignement-de-specialite-informatique-et-sciences-du-numerique#footnote3_8q0w458.
  11. Citons par exemple le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, la Corée, le länder de Bavière, la Hongrie, la Bulgarie, etc. Voir aussi http://www.epi.asso.fr/revue/docu/d0912b.htm.
  12. Art.L312-6 Code de l'éducation http://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do;jsessionid=CC99CAEC3A3A60ABD461E6234B458523.tpdjo07v_3?cidTexte=LEGITEXT000006071191&idArticle=LEGIARTI000020740392&dateTexte=20120119&categorieLien=id#LEGIARTI000020740392.
  13. voir la Question Érite n°100005 – http://questions.assemblee-nationale.fr/q12/12-100005QE.htm
  14. Sesamath.net « L’association Sésamath a pour vocation essentielle de mettre à disposition de tous des ressources pédagogiques et des outils professionnels utilisés pour l’enseignement des Mathématiques via Internet. » http://www.sesamath.net/.
  15. EducOOo.org«  L'association EducOOo a pour vocation d'aider à la mutualisation de ressources éducatives libres autour de la suite bureautique OpenOffice.org. Elle encadre aussi le développement d'OOo4kids qui est une version d'OpenOffice.org spécialement adaptée pour les élèves de l'enseignement primaire voire début du secondaire » http://wiki.educoo.org/index.php/Main_Page/fr.
  16. Scideralle, issue du projet AbulÉdu, Scideralle se fixe pour mission de soutenir et promouvoir des projets visant à fournir à tout public des logiciels et ressources libres pour l’éducation http://www.scideralle.org/.
  17. Ofset a été créée pour développer des logiciels libres éducatifs et des ressources afférentes pour le système GNU http://www.ofset.org/tiki-index.php.
  18. http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numjo=MCCX0300082L.
  19. Art. L 122-5-3° du code de propriété intellectuelle (CPI) http://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do;jsessionid=CC99CAEC3A3A60ABD461E6234B458523.tpdjo07v_3?idArticle=LEGIARTI000025003518&cidTexte=LEGITEXT000006069414&categorieLien=id&dateTexte=20120119.
  20. Directive 2001/29CE, dite directive EUCD (European Union Copyright Directive) http://europa.eu/legislation_summaries/information_society/data_protection/l26053_fr.htm.