Protection des données personnelles : souriez, vous êtes traqués ! - La méthode scientifique : Différence entre versions

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Alors c'était devant le Congrès américain et non pas devant le Parlement européen, où il s'exprimait hier. Parce que c'est vrai que devant le Parlement Européen,  il a été un peu moins mis à mal qu'il n'y a quelques semaines où sa prestation devant le congrès américain avait été jugée embarrassé et embarrassante. Que faut-il retenir des auditions de Mark Zuckerberg devant le Parlement Européen hier au premier chef et plus généralement devant ces assemblées représentantes des citoyens élus? Annette Rouvroy ?
 
Alors c'était devant le Congrès américain et non pas devant le Parlement européen, où il s'exprimait hier. Parce que c'est vrai que devant le Parlement Européen,  il a été un peu moins mis à mal qu'il n'y a quelques semaines où sa prestation devant le congrès américain avait été jugée embarrassé et embarrassante. Que faut-il retenir des auditions de Mark Zuckerberg devant le Parlement Européen hier au premier chef et plus généralement devant ces assemblées représentantes des citoyens élus? Annette Rouvroy ?
  
<b>Antoinette Rouvroy: </b>Alors, euh, et bien, le format de l’événement, finalement, n'a pas nécessairement permis de faire toute la lumière sur précisément ce vis à vis de quoi on espérait que Mark Zuckerberg ferait la lumière. Il se fait que pendant extrêmement longtemps, les représentants ont posé des questions, beaucoup de questions, pas toutes du même niveau, pas toutes aussi détaillées, pas toutes aussi pertinentes, certaines plus  intéressantes que d'autres et puis on a laissé à Mark Zuckerberg la liberté de choisir les questions auxquelles ils répondraient [Coupure par '''Nicolas''' : vous parlez du Parlement Européen  là pour le coup, ce qui c'est passé hier? ]
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<b>Antoinette Rouvroy: </b>Alors, euh, et bien, le format de l’événement, finalement, n'a pas nécessairement permis de faire toute la lumière sur précisément ce vis à vis de quoi on espérait que Mark Zuckerberg ferait la lumière. Il se fait que pendant extrêmement longtemps, les représentants ont posé des questions, beaucoup de questions, pas toutes du même niveau, pas toutes aussi détaillées, pas toutes aussi pertinentes, certaines plus  intéressantes que d'autres et puis on a laissé à Mark Zuckerberg la liberté de choisir les questions auxquelles ils répondraient [Coupure par '''Nicolas Martin''' : vous parlez du Parlement Européen  là pour le coup, ce qui c'est passé hier? ]
  
 
<b>Antoinette Rouvroy: </b> Oui, il a choisi de répondre relativement évasivement à certaines questions, en indiquant que
 
<b>Antoinette Rouvroy: </b> Oui, il a choisi de répondre relativement évasivement à certaines questions, en indiquant que
 
ces services reviendraient, éventuellement par écrit, pour compléter ses réponses. Donc, c'était un peu décevant.  
 
ces services reviendraient, éventuellement par écrit, pour compléter ses réponses. Donc, c'était un peu décevant.  
  
<b>Nicolas Martin : </b>Votre opinion Anne Debet ?  
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<b>Nicolas Martin : </b>Votre opinion Anne Debet ?  
  
<b>Anne Debet : </b>Oui, j'ai la même opinion, ce qu'on peut espérer c'est que, parallèlement à ces auditions, il y a quand même des enquêtes qui ont été ouvertes par les autorités de protection des données, qui se sont saisis de la question : le G29, qui est la super CNIL européenne a décidé de poser des questions. Et l'ICO, l'autorité de protection des données britannique, puisque la société était installée en Grande Bretagne [ Intervention de Nicolas Martin: Cambridge Analytica, en l’occurrence]  a décidé de mettre en oeuvre une procédure d'enquete.Et donc on peut espérer qu'à la suite de ces procédures, il y aura peut être des sanctions, des modifications des pratiques liées aux sanctions, donc on a une phase, qui est une phase politique. Et on on peut espérer  une phase plus juridique devant les autorités de protection sera suivie d'effets concrets.
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<b>Anne Debet : </b>Oui, j'ai la même opinion, ce qu'on peut espérer c'est que, parallèlement à ces auditions, il y a quand même des enquêtes qui ont été ouvertes par les autorités de protection des données, qui se sont saisis de la question : le G29, qui est la super CNIL européenne a décidé de poser des questions. Et l'ICO, l'autorité de protection des données britannique, puisque la société était installée en Grande Bretagne [Intervention de Nicolas Martin: "Cambridge Analytica, en l’occurrence"]  a décidé de mettre en œuvre une procédure d’enquête.Et donc on peut espérer qu'à la suite de ces procédures, il y aura peut être des sanctions, enfin des modifications des pratiques liées aux sanctions, donc on a une phase, qui est une phase politique. Et donc on peut espérer  une phase plus juridique devant les autorités de protection sera suivie d'effets concrets.
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<b>Nicolas Martin : </b>Et puis on va voir d'ailleurs, on va en parler dans quelques minutes, que ce RGPD, il y a certaines associations, dont des associations en France qui attendent qu'il entre en vigueur pour intenter aussi un certain nombres d'actions en justice, je pense à la quadrature du net, on y reviendras tout à l'heure dans le détail. Peut être un mot sur la suite de cet agenda ou de cette partie politique de l'agenda, puisque je le disais tout à l'heure Mark Zuckerberg a été reçu, il n'était pas tout seul, avec les patrons de Microsoft, d'IBM, d'Uber, des représentants de Google, de Wikipédia, d'Intel, de Samsung et j'en passe, bref,tout ce monde a été reçu à l’Élysée, alors pas exactement à l’Élysée, mais en tout cas par le Président de la République, même dans des entretiens bilatéraux; alors on qualifie en général d'entretien bilatéral des entretiens avec des autres dirigeants de grands pays. Que faut-il penser? Est-ce-que l'on fait les gros yeux d'un côté et de l'autre coté, on dit mais attendez, venez tout de même chez nous, créer  des emplois et puis si vous pouviez en plus payer quelques impôts, ce serait pas plus mal. On a l'impression que l'on a un peu deux poids deux mesures dans ces différentes interactions entre ces géants du numérique et la sphère publique. Antoinette Rouvroy?
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<b>Antoinette Rouvroy: </b> Oui, alors effectivement, il y a là une sorte de reconnaissance implicite d'une puissance énorme de ces grandes entreprises, puissance tellement importante qu'effectivement elles acquièrent une sorte de statut diplomatique, ce sont de quasi états avec lesquelles les états entrent en discussion. De ce fait, ce sont ces

Version du 3 juillet 2020 à 09:23


Titre : Protection des données personnelles : souriez, vous êtes traqués

Intervenants : Anne Debet - Antoinette Rouvroy - Nicolas Martin - Céline Loozen - Alain Livartowski - Thomas Balezeau

Lieu : La méthode scientifique - France Culture

Date : 23 mai 2018

Durée : 58 min 45

Écouter ou télécharger le podcast

Page de présentation de l'émission

Licence de la transcription : Verbatim

Illustration :

Statut :En cours de transcription par D_O

Description

Comment sont exploitées nos données personnelles sur internet ? Que va changer le RGPD dans les pratiques numériques ? Quels en sont les grands principes et les applications pour les sociétés et les citoyens en UE ? Nos données personnelles seront-elles désormais totalement protégées ?

Transcription

[Début du générique]

Nicolas Martin : Après avoir répondu assez vasivement aux questions du parlement européen hier notamment suite au scandale de détournement de données par Cambridge Analytica, le patron de Facebook Mark Zuckerberg a été reçu aujourd'hui avec les patrons de d'autres géants du numérique comme Microsoft, IBM ou Uber par le président de la république Emmanuel Macron. Ce à quelques jours de l'entrée en vigueur du RGPD, le nouveau Règlement Général de Protection des Données censé protéger les citoyens européens contre l'exploitation abusive de leurs données numériques. Mais les états et les pouvoirs publics sont-ils en mesure de lutter à armes égales avec ces mega trusts privés ?

[Suite du générique]

Nicolas Martin : Données personnelles : souriez, vous êtes traqués ! C'est le sujet auquel nous allons nous atteler dans l'heure qui vient. Bienvenue dans la méthode scientifique.

[Fin du générique]

Nicolas Martin : Et pour comprendre les implications de cette nouvelle RGPD, de ce nouveau RGPD puisque c'est un règlement qui entre en vigueur vendredi et plus généralement de nos usages d'internet et de l'emploi que nous faisons de nos données personnelles et d'une partie de notre privée, nous avons le plaisir de recevoir aujourd'hui Anne Debet. Bonjour.

Anne Debet : Bonjour.

Nicolas Martin : Vous êtes professeure de droit privé, droit des nouvelles technologies, droit de la santé et droit civil à l'université Paris Descartes et ancienne membre de la CNIL. Bonjour Antoinette Rouvroy.

Antoinette Rouvroy :Bonjour.

Nicolas Martin : Vous êtes juriste et philosophe du droit, professeure à l'université de Namur, chercheuse FNRS au centre de recherche en information droit et société. Vous pouvez suivre cette émission comme chaque en direct sur les ondes de France Culture et en complément avec un certain nombre de liens, d'articles, de schémas, de graphiques si il le faut, de vidéos, d'images... Bref ! Tout le toutim. Ce sera sur notre fil Twitter @lamethodeFC.

[Extrait de l'audition au congrès américain de Mark Zuckerberg] Voix féminine : Est ce que vos données étaient incluses dans la fuite de Cambridge Analytica? Vos données personnelles? Mark Zuckerberg : Yes! Voix féminine : Seriez-vous prêt à changer votre Business Model dans l'intérêt de défendre la vie privée des usagers? Mark Zuckerberg : J'espère, enfin, on a déjà tenté quelques modifications afin de réduire [interrompu la voix féminine] voix féminine : Non ! Avez-vous la volonté de changer votre Business Model afin de garantir et protéger la vie privée? Mark Zuckerberg : Madame la députée, je ne suis pas sûr de comprendre ce que vous voulez dire.

[Fin de l'extrait]

Nicolas Martin: Voilà, c'est un extrait de l'audition de Mark Zuckerberg,le patron de Facebook. Alors c'était devant le Congrès américain et non pas devant le Parlement européen, où il s'exprimait hier. Parce que c'est vrai que devant le Parlement Européen, il a été un peu moins mis à mal qu'il n'y a quelques semaines où sa prestation devant le congrès américain avait été jugée embarrassé et embarrassante. Que faut-il retenir des auditions de Mark Zuckerberg devant le Parlement Européen hier au premier chef et plus généralement devant ces assemblées représentantes des citoyens élus? Annette Rouvroy ?

Antoinette Rouvroy: Alors, euh, et bien, le format de l’événement, finalement, n'a pas nécessairement permis de faire toute la lumière sur précisément ce vis à vis de quoi on espérait que Mark Zuckerberg ferait la lumière. Il se fait que pendant extrêmement longtemps, les représentants ont posé des questions, beaucoup de questions, pas toutes du même niveau, pas toutes aussi détaillées, pas toutes aussi pertinentes, certaines plus intéressantes que d'autres et puis on a laissé à Mark Zuckerberg la liberté de choisir les questions auxquelles ils répondraient [Coupure par Nicolas Martin : vous parlez du Parlement Européen là pour le coup, ce qui c'est passé hier? ]

Antoinette Rouvroy: Oui, il a choisi de répondre relativement évasivement à certaines questions, en indiquant que ces services reviendraient, éventuellement par écrit, pour compléter ses réponses. Donc, c'était un peu décevant.

Nicolas Martin : Votre opinion Anne Debet ?

Anne Debet : Oui, j'ai la même opinion, ce qu'on peut espérer c'est que, parallèlement à ces auditions, il y a quand même des enquêtes qui ont été ouvertes par les autorités de protection des données, qui se sont saisis de la question : le G29, qui est la super CNIL européenne a décidé de poser des questions. Et l'ICO, l'autorité de protection des données britannique, puisque la société était installée en Grande Bretagne [Intervention de Nicolas Martin: "Cambridge Analytica, en l’occurrence"] a décidé de mettre en œuvre une procédure d’enquête.Et donc on peut espérer qu'à la suite de ces procédures, il y aura peut être des sanctions, enfin des modifications des pratiques liées aux sanctions, donc on a une phase, qui est une phase politique. Et donc on peut espérer une phase plus juridique devant les autorités de protection sera suivie d'effets concrets.

Nicolas Martin : Et puis on va voir d'ailleurs, on va en parler dans quelques minutes, que ce RGPD, il y a certaines associations, dont des associations en France qui attendent qu'il entre en vigueur pour intenter aussi un certain nombres d'actions en justice, je pense à la quadrature du net, on y reviendras tout à l'heure dans le détail. Peut être un mot sur la suite de cet agenda ou de cette partie politique de l'agenda, puisque je le disais tout à l'heure Mark Zuckerberg a été reçu, il n'était pas tout seul, avec les patrons de Microsoft, d'IBM, d'Uber, des représentants de Google, de Wikipédia, d'Intel, de Samsung et j'en passe, bref,tout ce monde a été reçu à l’Élysée, alors pas exactement à l’Élysée, mais en tout cas par le Président de la République, même dans des entretiens bilatéraux; alors on qualifie en général d'entretien bilatéral des entretiens avec des autres dirigeants de grands pays. Que faut-il penser? Est-ce-que l'on fait les gros yeux d'un côté et de l'autre coté, on dit mais attendez, venez tout de même chez nous, créer des emplois et puis si vous pouviez en plus payer quelques impôts, ce serait pas plus mal. On a l'impression que l'on a un peu deux poids deux mesures dans ces différentes interactions entre ces géants du numérique et la sphère publique. Antoinette Rouvroy?


Antoinette Rouvroy: Oui, alors effectivement, il y a là une sorte de reconnaissance implicite d'une puissance énorme de ces grandes entreprises, puissance tellement importante qu'effectivement elles acquièrent une sorte de statut diplomatique, ce sont de quasi états avec lesquelles les états entrent en discussion. De ce fait, ce sont ces