Présenter le logiciel libre : Différence entre versions

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(Le logiciel libre est gratuit)
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== Quelques idées reçues ==
 
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Un florilège : http://www.framablog.org/index.php/post/2009/01/25/idees-fausses-logiciel-libre
  
 
=== Le logiciel libre est gratuit ===
 
=== Le logiciel libre est gratuit ===

Version du 8 septembre 2009 à 14:25

Présenter le logiciel libre au public

Voici un plan et quelques point clés susceptibles d'être abordés lorsque vous présentez le logiciel libre à un public « lambda ».

Histoire

  • Les usages du logiciel libre préexistent au concept : le logiciel était ouvert, comme la connaissance.
  • Dans les années 80, la commercialisation du logiciel se voit accompagnée de sa fermeture.
  • En 1983 Richard Stallman initie le projet GNU : le concept de logiciel libre est né.
  • 1985 : création de la FSF et rédaction de la licence GPL.
  • Les logiciels libres ont permis la démocratisation d'Internet, et Internet a rendu possible l'émergence des logiciels libres.

Principes éthiques

Quelques problèmes

Le logiciel privateur maintient ses utilisateurs dans un état de division et d'impuissance.

  1. Division : interdire la copie des logiciels, quelle qu'en soit la raison, c'est interdire toute coopération. Si un collègue a besoin d'une copie vous tomberez sur le dilemme suivant :
    • Respecter la licence et refuser la copie ?
    • Respecter votre collègue et rompre la licence ? Généralement la licence est rompue, votre sollicitude vous coûtant un délit de contrefaçon, soit 3 années d'emprisonnement et 300 000 € d'amende.
  2. Impuissance : lorsqu'on ne dispose pas du code source, on ne peut pas vérifier indépendamment de l'éditeur la véracité de ce que le logiciel fait. On est alors obligé de faire confiance, alors que l'expérience montre que les abus sont nombreux (faille de sécurité, espionnage, etc.). Ce problème d'opacité est d'ailleurs le même que celui qui intervient avec les machines de vote.
  3. L'utilisateur du logiciel est souvent la personne la mieux placée pour juger la qualité d'un logiciel, c'est pourtant souvent la moins écoutée par les éditeurs lorsque les logiciels sont mauvais. Pourquoi empêcher l'utilisateur de faire des modifications sur le logiciel ? Et de faire profiter de ses connaissances ?
  4. Avec le temps, et suivant des considérations souvent boiteuses, sont apparues des restrictions toujours de plus en plus arbitraires et particulièrement intrusives :
    • Interdiction d'utiliser un logiciel pour critiquer son éditeur.
    • Interdiction de lire/visionner en dehors d'une plage de temps.
    • etc.

Ces pratiques ne sont pas acceptables ; c'est comme si on vous empêchait de modifier un plat cuisiné et d'accéder à ses ingrédients, comme si on vous empêchait d'avoir accès au moteur de votre voiture, de griffonner des notes sur un livre, etc. De plus, bien souvent l'utilisateur est pris en otage par les pratiques anticoncurrentielles des éditeurs, et voit peu à peu une dépossession de l'ordinateur au profit des éditeurs de logiciels.

Et quelques réponses...

...Garantir 4 libertés fondamentales à l'ère du numérique. Les voici définies par RMS au milieu des années 80 :

  1. Liberté d'utiliser, liberté d'exécuter, pour tous les usages (donc sans restriction).
  2. Liberté d'étudier le fonctionnement, et donc d'accéder au code source (la recette) ; ceci permet à tout un chacun de vérifier le fonctionnement du logiciel indépendamment de l'éditeur.
  3. Liberté de créer et de redistribuer des copies ; ceci permet de créer des communautés d'utilisateurs qui participent pleinement à l'amélioration de la qualité des logiciels.
  4. Liberté de modifier et de redistribuer des versions modifiées ; tout utilisateur n'étant généralement pas programmeur, cette liberté lui permettra de faire réaliser des améliorations par des programmeurs, bénévoles ou professionnels.

Il convient de noter que ces libertés sont là pour protéger l'utilisateur final, et ne sont pas des obligations.

Les enjeux du logiciel libre

Les enjeux du logiciel libre sont multiples et à de nombreux niveaux. Il s'agit avant toute chose d'un enjeu de société, voire d'un enjeu de civilisation, avant d'être un enjeu technique. Nous sommes tous concerné par les libertés informatiques, puisque de plus en plus elles seront un prérequis pour faire valoir nos libertés fondamentales, celles-ci s'exerçant de plus en plus par le biais des ordinateurs.

Liberté, égalité, fraternité

  • Liberté : vous faites ce que vous voulez avec le programme : ce n'est pas à la machine de décider pour vous de ce qu'il convient de faire ou de ne pas faire.
  • Égalité : chacun possède les mêmes droits face au logiciel. Il n'y a pas de configuration ou un acteur serait tout puissant, en situation d'imposer ses choix aux autres.
  • Fraternité : préserve la possibilité d'échanger, de partager, qui est inhérente à la nature sociale de l'homme.

Réduction de la fracture numérique

  • L'accès gratuit à un grand nombre de copies se fait à coût quasi nul. De quel droit devrions nous en empêcher à ceux qui en ont le plus besoin, et qui sont le moins enclin à pouvoir le payer au prix fort ?
  • Partage du savoir, des connaissances : les licences libres créent un pot commun de connaissances, dans lequel chacun peut puiser, mais personne ne peut retirer.

Enjeu de sécurité informatique

  • On peut avoir confiance dans un logiciel libre au code source divulgué ; pas dans une boite noire qui ne laisse paraître que ce qu'elle veut.
  • Enjeu de sécurité domestique, ou les utilisateurs achètent de bonne fois des antivirus complètement inutiles.
  • Enjeu de sureté nationale et/ou industrielle.

Enjeu écologique

  • Pas de payement des copies à l'unité, donc pas de consumérisme : le matériel informatique a un bilan écologique très lourd.
  • Contre exemple (vérifiable à longueur d'année en entreprise) : vous recevez un fichier Word, dont la version est supérieur à la vôtre, nécessite donc une mise à jour de votre suite bureautique, qui nécessite une mise à jour de votre système d'exploitation, qui nécessite une mise à jour de votre parc informatique.
  • Lorsque vous envoyez un document dans un format fermé, vous obligez le destinataire à utiliser le même logiciel/matériel que vous, indépendamment de savoir s'il possède déjà un logiciel/matériel équivalent pour la même chose.

Maitrise des coûts

  • Problèmes de coûts d'entrée : adopter une solution logicielle coûte (temps == argent) en déploiement, en formation, en mise au point.
  • Problèmes de coûts de sortie :
    • Quelle garantie possédez vous de pouvoir relire vos documents dans 20 ans (photos, films, diaporama, musique, etc.) ?
    • Si votre solution actuelle ne vous convient pas, quelle garantie possédez-vous de pouvoir changer sans avoir à tout reconstruire ?

Pensez que vos données, celles qui contiennent tout votre savoir faire, toute votre valeur ajoutée, sont d'une importance capitale, que ce soit pour une entreprise ou un particulier.

L'interopérabilité défendue par les logiciels libres est la base de la maîtrise des coûts ; associée au fait que vous n'êtes pas dépendant d'un éditeur particulier.

Quelques idées reçues

Un florilège : http://www.framablog.org/index.php/post/2009/01/25/idees-fausses-logiciel-libre

Le logiciel libre est gratuit

« Une fois qu'il a été payé » - François Elie

De nombreux logiciels gratuits (freeware, gratuiciels) ne sont pas libres.

De nombreux logiciels libres sont payant. C'est généralement le cas des logiciels réalisé par des entreprises pour des entreprises (Business to Business = B2B).

Richard Stallman a commencé à financer son projet GNU en vendant son éditeur Emacs : http://www.gnu.org/gnu/thegnuproject.fr.html

Voir aussi Vendre des logiciels libres

Le logiciel libre n'est pas interopérable

Le logiciel libre nie le droit d'auteur

Non ! Les licences de logiciel libre s'appuient sur le droit d'auteur pour garantir les 4 libertés fondamentales du logiciel libre.

Le logiciel libre est livré sans garantie de fiabilité

Aujourd'hui, de nombreuses sociétés de service en informatique spécialisées en logiciel libre (SS2L : Sociétés de Service en Logiciels Libres) ou généralistes (SS2I : Sociétés de Service en Ingénieurie Informatique) proposent du support et donc des garanties aux utilisateurs de logiciels libres.

La licence copyleft se propage de façon virale

Les communautés du Libre

La liberté ne s'use que lorsqu'on n'en profite pas. Le logiciel libre étant conçu pour l'utilisateur, ce serait dommage que ce dernier ne s'en serve pas.

Une conception au plus près de l'utilisateur

La conception du logiciel libre est souvent distribuée entre un grand nombre de personnes, on parle alors de « bazar », par opposition aux « cathédrales » que seraient les éditeurs de logiciel privateur. Cette caractéristique en attire d'autres :

  • Adaptabilité et flexibilité du logiciel au plus près des besoins des utilisateurs : nous ne sommes plus dans une situation ou un éditeur mettrait une offre (souvent unique) sur un marché. Au contraire le logiciel libre s'inscrit dans une logique de « demande ».
  • L'utilisateur est souvent au centre de la conception : c'est le meilleur expert de ses propres besoins. Ceci est actuellement un problème dans certains cas particuliers d'applications métier, et nécessite un accompagnement.
  • Le meilleurs informaticien est avant tout celui qui connait le mieux le métier pour lequel il code une application ; et coder pour quelque chose qui responsabilise le programmeur donne souvent de meilleurs résultats que de coder sous contrainte d'un service marketing. D'ailleurs les politiques d'échéance pratiquées dans le monde du libre sont généralement relâchées : « ça sort quand c'est près ».
  • Très souvent le programmeur (au sens large, peut être une entreprise) code une application qui lui est avant tout utile (ex : navigateur web) et code de façon mieux intentionnée que pour un quelconque client anonyme.

Des utilisateurs au plus près de la conception

Le logiciel libre est celui dont vous êtes le héros : c'est vous qui êtes le mieux placé pour proposer les meilleurs corrections et contributions. Exemple :

  • Détecter les dysfonctionnements, les erreurs de conception ; pour cela il suffit de l'utiliser dans des conditions réelles. Tout le monde doit être encouragé à renvoyer aux auteurs leurs impressions et remarques concernant le logiciel (possible barrière de la langue).
  • Adapter la langue du logiciel, même dans des langues qui ne sont pas « rentables ».
  • Écrire et traduire de la documentation.
  • Inviter le plus grand nombre de personnes à découvrir librement le logiciel.

Quelques oppositions classiques

Quelques oppositions classiques
Logiciel privateur != Logiciel libre
Cathédrale Bazar
Rigidité Flexibilité
Offre Demande
Rente Innovation
Autocratie Démocratie

Au delà du logiciel

Framasoft : « ce serait peut-être une l'une des plus grandes opportunités manquées de notre époque si le logiciel libre ne libérait rien d'autre que du code ».

Des communautés diverses et variées se sont constituées partout autour du monde sur le modèle de ce qui est fait dans le logiciel libre.

Sur Internet

  • Wikipedia : une encyclopédie sous licence libre, que tout le monde peut utiliser et enrichir.
  • OpenStreetMap : un projet de cartographie sous licence libre, que tout le monde peut utiliser et enrichir.
  • De nombreuses communautés pratiquent l'art libre, le cinéma libre, la musique libre, l'écriture libre, etc.
  • Ressources éducatives sous licence libre, projet OLPC.
  • Média libre (Agoravox)
  • Journaux scientifiques libres (Arxiv, Plos).

Et même au delà...

L'esprit « libre » inspire de toutes parts la libération des capacités de participation collaborative des utilisateurs, même dans des entreprises :

  • Réalisation de matériel électronique et informatique sous licence libre.
  • Bières libres.
  • Participation collaborative (co-design), marketing inverse :
    • BMW invite ses clients à faire évoluer les voitures.
    • La société Logo propose de réaliser des briques sur mesures pour les réalisations des clients.
    • Le forum Leroy-Merlin vous permets d'échanger entre bricoleurs, leur devise étant « Échangez, partagez, dialoguez » (et achetez chez nous).
    • Les programmes politiques « participatifs ».
    • etc.