L'écologie et le numérique

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URL : https://www.franceculture.fr/emissions/le-club-de-la-presse-numerique/le-numerique-est-politique-du-dimanche-23-septembre-2018


début : SoftPower, le club de la presse numérique, Frederic Martel.

Vingt heure passé de treize minutes, le club de la presse numérique, notre nouveau rendez-vous, comme chaque dimanche. On parle ce soir d'écologie et de numérique et nous sommes pour en débattre avec Eliott Lepers, entrepreneur, fondateur de l'ONG "lemouvement.ong".

FM : Bonsoir. EL : Bonsoir. FM : et Amaelle Guiton de Libération qui êtes restés avec nous ce soir. AG : Je vais m'installer une Queshua dans le couloir, je pense... FM : Voilà, vous... voilà...

FM : Les outils numériques rires FM : Sans transitions, les outils numériques ont permis - une Queshua, c'est particulièrement écolo ? c'est ça que vous voulez dire ? AG : rires - je ne sais pas. FM : Il faut citer deux autres marques pour que ce soit légal. AM : Ha mince, outch, ça ne me vient pas là... heu... Vieux campeur et Lafuma... Bim, on y est FM : Bien, les outils numériques, ont permis d'une part de faire de nombreuses économies d'énergies pour la sauvegarde de la planète. On pense par exemple aux écrans qui réduisent les besoins en papiers, la poste qui distribue moins de lettres ou encore aux voitures électriques qui roulent sans essences. Pour autant, la multiplication de ces objets pose de nouveaux problèmes, de nouveaux débats. Les données qui circulent en masse sur Internet sont stockées dans des centres - des data center - très énergivores, c'est vrai aussi du blockChain, de la blockChain, et en particulier du BitCoin, les appareils sont difficiles à recycler et sont sujets à l’obsolescence, et ce soir on s'intéresse au lien entre écologie et numérique. Pour lancer ce débat : Eliott Lepers.

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EL : Oui ben on a des usages numériques qui évoluent, notamment on peut parler du streaming ou des accès au nuage, notamment ce fameux système de Cloud, qui font qu'on est connecté, en fait en permanence à des serveurs, et donc ça ces pratiques sont de plus en plus exponentielles. L'usage, c'est 63%, je crois, du trafic mondial, qui est utilisé pour le streaming vidéo. Et le streaming vidéo, c'est, ça contribue le plus à une consommation évidement d'énergie, d'électricité, et donc à une production de gaz à effet de serre. Il y a des mouvements en cours chez les géants du web pour s'engager à acheter directement de l'énergie propre auprès de fournisseurs d'électricité propre, donc ça, ça a été fait, c'est des engagements qui ont été pris par Google, par Facebook, par Apple notamment. Mais il y a d'autres acteurs comme Netflix, dont vous parliez juste avant, qui utilisent encore des énergies fossiles pour fournir ces services là... donc...

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FM : Donc quelles sont concrètement les problèmes nouveaux qui émergent de ces... de cette utilisation de donnée et de transport de ces films, ou autre, que nous utilisons chaque jour ? EL : Je ne sais pas si le problème est nouveau. Il se trouve que, voilà, on utilise à la fois des machines et des données qui font... quand on... utilise Internet en fait, c'est qu'on utilise son ordinateur, effectivement, qui consomme de l'électricité, mais derrière il y a tout un tas d'autres systèmes que l'on ne voit pas, qui sont actionnés par notre action. C'est le moindre clic sur un lien, actionne des serveurs parfois à l'autre bout du monde... FM : Et ces serveurs sont très nombreux. On sait que pour Google, Amazon ou Facebook, pour chacun de ces trois sociétés, c'est plusieurs millions de serveurs connectés entre eux. EL : Notamment pour avoir accès à un internet rapide. C'est à dire, plus on a un internet rapide et plus ça veut dire qu'il faut que l'information soit dupliquée partout dans le monde pour qu'elle soit le plus proche de sois, pour qu'elle soit le plus rapidement accessible. Donc, simplement que les usages évoluent. On est de plus en plus d'êtres humains à être connectés. On consomme de plus en plus de données parce que les flux sont de plus en plus rapides et parce que les usages et les temps passés sur les écrans sont de plus en plus importants, et donc on arrive à un moment où on a une sorte de goulot d'étranglement parce que effectivement la consommation globale au niveau mondiale d'électricité pour Internet, ça équivaut à certain des plus grands pays du monde en terme de consommation.

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FM : alors il y a le problème de ces datas, mais il y a aussi le problème du refroidissement des serveurs. Autre question importante...

EL : et d’ailleurs il y a des initiatives intéressantes, parce que, effectivement, un serveur c'est donc des centaines ou des milliers de petits ordinateurs qui sont connectés à Internet et qui permettent de stocker du contenu et de le délivrer à tous les utilisateurs et utilisatrices, et donc il y a des initiatives pour placer ces data center dans des endroits qui sont froids et donc pour réduire la nécessité en refroidissement électrique... FM : donc en Islande, au Canada EL : Voilà, Facebook c'est installé en Suède par exemple FM : Au Groenland... EL : Il y a aussi une initiative intéressante qui est de réutiliser la chaleur produite par ces machines. et donc c'est le cas en France. Il y a je crois trois sites, notamment à Marne la vallée et à Aubervilliers qui utilisent la chaleur et qui l'introduisent dans le réseau de chaleur urbain. Et puis il y a la piscine de la butte au caille par exemple, à Paris, qui est chauffée intégralement par un data center. FM : Donc on envoie un email, on chauffe la piscine de la butte aux cailles. EL : C'est ça. Amaelle Guiton

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AG : Il n'y a pas que le problème des données. Ceci étant il y a avait eu, il n'y a pas très longtemps, un rapport de l'institut du développement durable et des relations internationales en commun avec le WWF qui expliquait que le premier impact écologique de la technologie, c'est plutôt les terminaux en fait. C'est l'extraction de métaux, le fait qu'ils ne sont pas tous recyclables, je crois qu'il faut voilà, pour fabriquer un smartphone, il faut 60 métaux différents, il faut 32 kilos de matières premières pour fabriquer une puce électronique de 2 grammes. Donc on voit que là... avant même de se poser la question des datas centers ou de l'impact de l'emprunte écologique du BitCoin, il faudrait probablement commencer par se poser la question de l'impact des terminaux eux-même et du fait que, ben en fait, ils sont assez peu ré-employés, assez peu recyclés. Je crois que dans le même rapport, ils y a seulement 16% des téléphones portables qui sont collectés à des fin soit de ré-emploie, soit de recyclage.