Alternatives à Google Expérience FramaCloud

De April MediaWiki
Révision datée du 19 juillet 2014 à 08:52 par Morandim (discussion | contributions) (12' 15)


Titre : Remplacer Google. Et si on dégooglisait internet ?

Intervenant : Pierre-Yves Gosset de Framasoft

Lieu : RMLL - Montpellier

Date : Juillet 2014

Durée : 46 min 51

Lien vers la vidéo : [1]

00' Transcrit MO

Cette conférence fait suite à celle que j'ai donnée il y a trois heures maintenant, tout à l'heure, autour de comment Framasoft avait quitté Google. Et donc là, on la joue un peu sur le mode déconnade parce qu'on ne sait pas trop où on met les pieds, mais on y va quand même.

Je fais court, je me représente. Je m'appelle Pierre-Yves. Je suis membre de l’association Framasoft. Framasoft qui, depuis maintenant plus de dix ans, fait la promotion de la culture libre en général et du Logiciel Libre en particulier. Je vais aller beaucoup plus vite que ce matin pour la présentation.

On a un axe logiciels libres, notamment au travers d'un annuaire de logiciel libres, qu'on maintient maintenant depuis plus de presque quinze ans. Un axe culture libre avec une maison d'édition qui s'appelle Framabook, un blog qui s’appelle le Framablog dont les objectifs sont de faire connaître la culture libre et de montrer qu'on peut faire du libre avec de objets physiques comme on peut le faire avec du logiciel. Et on a un axe Services Libres, depuis maintenant à peu près deux trois ans, et c'est essentiellement de celui-là dont je vais parler aujourd'hui.

Cet axe Services Libres c'est quoi ? C'est proposer des applications libres à des gens qui ne savent pas forcément les installer, qui ne les connaissent pas, etc. Tout simplement parce que les usages ont changé ces dernières années, et plutôt que d’installer maintenant des logiciels en client lourd sur leur machine, on a beaucoup d'utilisateurs qui utilisent des services en ligne, dans le cloud, le nuage, l'info nuagique, appelez ça comme vous voulez, mais ça pose un certain nombre de problèmes, et aujourd'hui je vais notamment taper sur Google, d’abord parce que ça nous fait un peu rire, mais ensuite parce que, il y a, selon nous, un vrai danger pour les utilisateurs à long terme et les citoyens à utiliser massivement Google juste parce que le service fonctionne extrêmement bien et que c'est extrêmement pas cher, pour l'instant, puisque c'est gratuit et fonctionne essentiellement sur la publicité.

Ne vous étonnez pas du caractère un petit peu prétentieux de la conférence. C'est fait exprès. Les gens qui vous arriver après coup ne vont pas forcément comprendre, mais ce n'est pas grave. Vous leur expliquerez que ce n’était pas méchant, mais c'est un petit peu prétentieux.

Donc let's go. Remplacer Google et si on dégooglisait Internet ?

Revenons un petit peu dans le temps, 2 décembre 1998, Google, moteur de recherche ouvre ses portes. On est aujourd'hui en 2014 et Google fait en gros 45 000 recherches par seconde, répond à 45 000 recherches par seconde. Mais surtout Google propose un ensemble de services. Donc là j'ai volontairement laissé en clin d’œil à la conf de ce matin le petit logo Framasoft en haut de Gmail puisque nous utilisions Gmail avant de quitter Gmail. J'ai rouvert mon vieux compte Gmail - Framasoft pour montrer à quel point les services de Google nous avaient un petit peu aspiré. Donc Gmail aujourd'hui c'est en gros 500 millions de comptes. Donc pour les administrateurs systèmes dans la pièce, gérer 500 millions de comptes mails, c'est quand même le truc qui fait un peu peur.

Google c'est aussi Google Drive, 120 millions d'utilisateurs en 2012, aujourd'hui je n'ai pas retrouvé les chiffres. Donc Google Drive, un service extrêmement pratique pour déposer ses fichiers, ses données en ligne, les partager avec des gens, créer des groupes, des sous-groupes, etc. C'est aussi Google Agenda. Agenda, là aussi très facile à partager avec des groupes. Vous voyez dans la partie gauche de la fenêtre, on partageait entre nous différents agendas, des agendas perso. On peut partager des agendas perso, des agendas pro. C'est extrêmement bien intégré, ça marche plutôt pas mal.

Google c'est aussi YouTube. YouTube est souvent, enfin, traité un petit peu à la marge je trouve, par les libristes. Mais si on veut faire passer des idées, aujourd'hui YouTube est plus important, touche plus de monde que n’importe quelle chaîne câblée sur la planète. YouTube c'est un milliard de visiteurs uniques par mois, un milliard, ça fait quand un sixième de la planète. YouTube c'est six milliards d'heures de vidéos visualisées chaque mois, et c'est 100 heures de vidéo uploadées par minute. Parti comme c'est, et si on continue comme ça, YouTube deviendra le seul centre de réception, diffusion vidéo, pour le grand public et pour les entreprises. Nous libristes, encore une fois, on a sans doute une autre vision, mais pour les gens, avec plein de guillemets autour de les gens, je n'ai pas envie de dire madame Michu, mais c'est un outil extrêmement pratique, sur lequel on peut venir consommer et déposer des vidéos.

Un petit plus caché, Google c'est aussi Google Analytics. Google Analtytics représente en gros 70 % de part de marché des outils statistiques. Donc ça veut dire que Google, sur tous les services qui n'auto-hébergent pas leurs services de statistiques, ce qui représente quand même une immense partie des sites de la planète, sept sites sur dix sont statés par Google. Ça veut dire qu'ils savent qui, va voir quoi, quand, combien de temps, avec quel parcours, etc.

Google c'est aussi et surtout pour eux, puisque c'est leur principale source de revenus Google Adsense, Google Adsense est donc le système de publicité de Google, qui marche là-aussi extrêmement bien et dont Framasoft a profité aussi pendant des années, vu qu'on avait une petite publicité Google sur Framasoft qui permettait d'abonder les recettes un petit peu de l'association et c'était t extrêmement pratique. Nous avons supprimé la publicité, pour ceux qui n’étaient pas là ce matin, nous avons supprimé la publicité. Il n'y a plus de publicité Google, ou autre d'ailleurs, sur Framasoft.

Google c'est aussi toujours aussi un petit peu au niveau technique, leur réseau ; ils ont des librairies, hébergées, des bibliothèques hébergées pardon, donc par exemple nous ce qu'on utilisait beaucoup c'étaient les bibliothèques Gbraries, on allait taper directement chez Google. Il y a énormément de gens qui font ça et tout ça encore rajoute de l'information à Google.

Google toujours pour monsieur, madame Chinu ou Michu, ou, appelez-le comme vous voulez, c'est aussi Google Groups, qui est un service, nous qui travaillons beaucoup avec des associations, dans le réseau d'éducation populaire dans lequel on est, Google Groups est outil extrêmement utilisé. Ça veut dire que c'est un des principaux outils d'échange et de partage que vont utiliser des associations, des particuliers pour partager, pour travailler ensemble sur des projets et pour travailler de façon collaborative.

Google c'est aussi Google Talk et Google Hangouts, c'est-à-dire la possibilité de faire du chat, de la vidéo, du partage d'écran, du partage de fichiers, etc. Pour ceux qui ont utilisé, là encore, ça fonctionne plutôt pas mal et Google en profite pour récupérer évidemment des données, héberger des données. Mais ce n'est pas tout ! Google s'étend. On pourrait parler de Google Scholar, on pourrait parler de Google Reader, défunt depuis, effectivement, mais qui a longtemps fonctionné. L'hébergement de photos, qui, si vous avez un téléphone Android sont uploadées directement sur Picasa, si vous n'avez pas décoché l’option, etc, etc.

Mais, ce n'est pas tout ! Il y a aussi plein d'autres projets chez Google : Google, un des principaux contributeurs aujourd'hui d'Android, qu'il contribue à refermer petit à petit ; Google, créateur et vendeur de téléphones ; Google toujours avec maintenant des systèmes de paiement donc le Google Wallet qui n'est pas vraiment, peut-être que quelqu’un pourra me dire s'il est déjà arrivé en France ou pas. En gros ce sont des systèmes de paiement électronique sans contact. Depuis son téléphone, on passe, voilà, près de la borne et hop c'est payé et en gros Google devient notre banque ou, en tout cas, une partie de notre banque. Non content de savoir sur quoi on surfe, il sait ce qu'on achète non pas seulement sur le site mais même quand on ira à la boulangerie, Google saura si vous avez commandé une baguette ou un éclair au chocolat. Ça commence un petit peu, on se dit il faut peut-être un petit peu faire attention. Google fait des Google Cars, par exemple. Je n'ai pris qu'une partie, toute petite partie des projets de Google.

Enfin on peut se demander pourquoi. Il y a quand même un petit peu des questions derrière qu'on peut se poser. Comment est-ce qu'une boîte qui commence par un moteur de recherche peut arriver à faire des voitures ?

Google lance des Google Glass et là on commence un petit peu à flipper parce que les Google glass, comme ça, on croit que ça sert juste à filmer, mais en fait ça va beaucoup, beaucoup plus loin que ça. C'est-à-dire que le principe c'est effectivement ça filme, mais ça reconnaît les visages que vous croisez. Ça envoie des photos éventuellement sur votre compte Picasa ou machin et potentiellement ça vous suit. Ça veut dire que non seulement Google va savoir que vous avez acheté un éclair au chocolat mais il va savoir dans quelle boulangerie grâce au positionnement GPS qui est inclus dans les Google Glass, il va savoir à qui vous l'avez acheté, etc.

Mais ce n'est pas tout ! Ce n'est pas fini comme on dit dans la pub maintenant, ce n'est pas ça. Google achète depuis maintenant quelques années, fait de grosses acquisitions, la dernière en décembre 2013, pour 15 millions de dollars ils abondent un fonds, ils ont acheté une boîte qui s'appelle DNAnexus, ils achètent des bases de données d'ADN, essentiellement d'ailleurs du milieu de la recherche sur l'ADN humain. C'est géré, je crois par la femme de Larry Page, qui est un de deux fondateurs de Google. Moi ça commence honnêtement, sérieusement à me poser des questions. Qu’est-ce qu'ils font avec toutes ces données ? C'est sûr c'est de la donnée. Le but de Google c'est de gérer de la donnée et de l'exploiter ensuite. Là ils ont de quoi faire, mais ça commence sérieusement à faire flipper.

Google, encore là je pense que vous étiez au courant, mais le grand public n'est pas forcément au courant, Google a racheté six boîtes de robotique, dont Boston Dynamics. Boston Dynamics est une boite qui fait, qui fabrique des robots pour le département de la justice américaine et donc excusez-moi pas département de la justice ! Pardon ?

Public : Inaudible

P-Y : D’accord.

Public : Inaudible

P-Y : Ils s'en sont séparés ! D'accord.

Public : Inaudible.

P-Y : Il faut un petit peu de ??? et de public. Mais ce qui ne change rien au fait qu'ils ont acheté DNAnexus. On est d'accord. Donc ils achètent des fonds de données sur l'ADN humain. En gros ils ont acheté des boîtes qui vendaient des robots à l'armée américaine.

Et là, enfin vous je ne sais pas, mais moi je commence un petit peu sérieusement à m'inquiéter et je commence sérieusement à me demander si Google n'est pas en train de devenir SkyNet et on est un certain nombre à se poser la question. Donc par rapport au film Terminator, évidemment ça n'est pas SkyNet, mais une boîte qui produit suffisamment d'intelligence artificielle, qui est capable d'acheter des boîtes qui produisent des robots. Ces robots seront suffisamment intelligents pour se déplacer en bagnole et porter des lunettes, parce que des robots à lunettes c'est vachement plus classe. Voilà ! Je ne sais pas si Sarah Connor est dans la pièce mais vite il faut y aller parce que là ça commence un petit peu à devenir dangereux ?

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Donc qu'est-ce qu'on fait, nous, avec tout ça ? Déjà on sort les chatons parce que d'abord une conférence de Framasoft sans chatons n'est pas une conférence, et ensuite parce qu'il faut remettre un peu d’amour et un petit peu de motivation dans tout ça. Donc on sait qu'on n'est pas contents, mais on ne sait pas trop quoi faire. Enfin, vous savez peut-être et auquel cas on sera preneurs des retours que vous pouvez nous faire. Et donc on s'est dit tiens on va comparer, Google d'un côté, Framasoft de l'autre. Alors je parle pour nous, mais c'est valable, enfin, on est prêt à accueillir qui veut faire cette comparaison. Google, 60 milliards de chiffre d'affaires, trois milliards de bénéfice, plus 20 % en un an. Environ 50 000 employés dont trois, quatre mille maintenant qui sont chez Motorola, qui continuent à être dégraissés. Mais en gros ça fait 45 000 employés en propre chez Google. Environ deux millions de serveurs en 2008, c'est le dernier chiffre officiel que j'ai réussi à trouver. Donc 2008, ça fait six ans. Je ne sais pas à combien est-ce qu'on en est aujourd'hui, mais enfin Google a clairement le plus gros réseau informatique du monde, me semble t-il, je parle sous la haute assistance et houlette de monsieur Portmeyer, me semble t-il. Voilà. Le plus gros réseau mondial.

Framasoft, à côté, on a fait 158 000 euros de recette, ce qui paraît énorme pour association et surtout une association du libre, mais dedans sont inclus donc non seulement les dons que vous nous faites bien généreusement et que je vous appellerai à faire à la fin, quand même, parce qu'il faut bien. Merci. Derrière. Une partie provenait de la publicité. Donc clairement nos recettes vont baisser vu qu'on a supprimé la publicité. Une partie provient de prestations diverses et variées. En gros on fait des Framakeys à qui en veut et de ventes qu'on fait en ligne.

On fait par contre dix mille euros de perte, c'est con à dire, mais par rapport à trois milliards de bénéfice, évidemment largement en-dessous.

On est, en gros, trois salariés. On va repasser à deux, faute de fonds. Et on est à plus ou moins trente bénévoles en interne dans l’association, ce qui ne veut pas dire que l'association représente la communauté. J'ai mis trente bénévoles mais c'est trente membres, je croyais avoir corrigé, c'est trente membres. Les bénévoles se comptent heureusement pour nous par centaines, qui vont des groupes de traduction aux admins sys, etc.

On a dix-sept serveurs, donc par rapport aux deux millions en 2008.

Donc ça fait un petit peu peur. Voilà ! Si vous avez Google qui représente, j'ai fait un carré de six cents sur six cents, nous sommes donc trente huit mille fois plus petits que Google. Nous sommes le petit pixel que vous ne voyez probablement pas. Ah si, peut-être. Merci les vidéo-projecteurs de haute définition. Nous représentons donc 2,27 secondes du chiffre d'affaires quotidien de Google. C'est-à-dire que Google, le temps qu'il ouvre la paupière le matin, paf, ça y est, il a déjà écrasé un Framasoft. Mais on n'a peur de rien. On y va avec notre souris et notre ordinateur, le gnou et le pingouin et on réfléchissait à ce qu'on pouvait faire de tout ça et la proposition qu'on essaye de vous présenter aujourd’hui, qui n'est pas absolument pas finalisée, qui est un petit peu délirante, et vous avez le droit de nous dire qu'il faut vite qu'on aille se rentrer chez nous et faire autre chose, c’était un petit peu d'essayer de résister en proposant d'occuper un peu le terrain et surtout de ne pas se laisser bouffer. Donc en gros, entre Facebook, Twitter, Dropbox, YouTube et le grand Google qui nous entourent, le village gaulois n'est évidemment pas que Framasoft, le village gaulois c'est vous, aussi.

Qu'est-ce qu'on peut proposer ? On va prendre notre petite potion magique, vous ne l'avez pas vu mais ceux qui m'ont vu bosser, parce que cette conf évidemment a été préparée hier, parce que c'est les RMLL, on ne prépare jamais les conf à l'avance sinon ce n'est pas drôle. J’avais fait un petit montage avec Obélix en Stallman et tout, mais c'était vraiment trop pourri, je n'ai pas osé le montrer, mais peut-être, si jamais je refais cette conf j'aurai le temps de finir l'image. Mais bon ! On va prendre notre potion magique. On ressort les chatons parce que nous, clairement, avec nos dix-sept serveurs on fait pitié. Et encore dix-sept serveurs, on nous dit mais qu'est-ce que vous foutez avec dix-sept serveurs ? Et ça c’était avant puisqu'une grosse partie du travail, pour ceux qui ont assisté à la conf de ce matin je l'ai rappelé, une grosse partie du travail qu'on a fait ces six derniers mois, même depuis l'année qui vient de s'écouler, c'est d'essayer de refondre un petit peu notre infrastructure réseau, serveurs, etc.

Je rappelle que Framasoft au départ c'est français et mathématiques. Nous venons quasi essentiellement, pour les membres de Framasoft, nous venons quasiment tous du milieu de l'éducation ou de l'éducation populaire. Nous ne sommes pas des informaticiens. On a un admin sys et deux développeurs dans l'asso, qui sont évidemment bénévoles. Donc un admin sys bénévole qui travaille à l'université de Nancy. J'espère qu'il ne sera pas viré une fois que j'aurais dit ça, sinon ils se diront « Comment ça, il a le temps de faire ça ? », et deux développeurs. Un développeur qui travaille dans une boîte qui fait de l'OpenERP et un autre développeur. Mais autrement on est profs, on est comptables, on travaille dans des réseaux d'édition, on travaille, ou on ne travaille pas d'ailleurs. Il y en a qui sont en recherche d'emploi. Donc on n'est pas informaticiens. Donc la technique n'est pas notre métier, on y connaît quasi que dalle. Par contre c'est rigolo avec le libre, parce que ça fait un peu du Lego. On peut tester, on peut casser, on peut refaire, etc.

Donc c'est un peu ce qu'on a fait et donc ces deux dernières années on a commencé à proposer des services et à notre grande surprise ça a vachement bien marché. Celui qui a le mieux marché, clairement c'est Framapad. Framapad est basé sur un logiciel libre qui s'appelle EtherPad. EtherPad est un logiciel en ??? qui permet de faire de la rédaction collaborative. En gros pour ceux qui ne connaîtraient pas du tout, j'ouvre un pad ici en cliquant sur « créer un pad ». Je vais pouvoir moi, taper du texte et si je partage l'URL avec quelqu'un d'autre, cette personne va voir apparaître mon texte en temps réel et elle peut participer aussi. Son texte est surligné d'une autre couleur, ce qui fait qu'on sait qui a tapé quoi, quand, à quel moment.

On a lancé en se disant tiens ça pourrait être pratique de lancer un EtherPad pour nous et aussi de le laisser ouvert à d'autres. Aujourd'hui, deux ans après, on a plus de cent mille pads hébergés, uniquement sur la nouvelle version. Il y a deux versions d'EtherPad, je ne vous fais pas, enfin, je vous la fais courte, mais on héberge plus de cent mille pads et on a appris sur le tas à gérer de l'EtherPad avec cent mille pads, ce qui n'est pas vraiment son objectif au départ.

On a lancé, il y a peu de temps, puisque ce logiciel ne permet pas aujourd'hui d'avoir une notion de groupe et de pad public et privé, on a lancé un financement participatif, ce qui était le premier financement participatif que montait Framasoft. On s'est mis un peu à la mode, il a fallu suivre le mouvement. Et on s'est dit voilà, il faudrait pouvoir développer ce logiciel libre, il lui manque un plugin, personne ne veut le développer, parce qu'on a contacté les gens en faisant comme on nous a appris à le faire dans le logiciel libre. Quand moi je suis arrivé, on m'a dit : « Non, non, mais demande au développeur, tu verras, si le projet l'intéresse, il le fera, etc ». Ouais sauf que voilà. Là il y en a pour plus de deux cents heures de développement, bizarrement le développeur nous a répondu « Vous êtes gentils les cocos, mais j'ai autre chose à faire et je n'ai pas deux cents heures à vous donner comme ça sur un plateau ».

Donc, ça on le savait depuis plusieurs années, mais je pense qu'il faut arrêter de dire que le monde du logiciel libre est un monde bisounours où quand on demande quelque chose au développeur il va le faire. Clairement ce n'est pas le cas. Il y a des choses très simples, il y a des développeurs passionnés, mais c'est un petit peu au petit bonheur la chance. Donc on a décidé de faire un financement participatif. On a dit voilà, pour développer ce plugin, il faut environ tant d'heures, on a regardé, on a fait un cahier des charges un peu détaillé. On a mis des heures un peu louche dedans et on s'est dit voilà il faut telle somme,. On a lancé un financement participatif à dix mille euros, sur quarante cinq jours on avait prévu au départ, et en vingt-cinq jours on a atteint la somme requise. Ce qui fait qu'on va pouvoir mettre en place le développement de ce plugin, normalement d'ici la fin de l'année. Il faut que le développeur prenne le temps maintenant de le faire.

Et donc on héberge plus de cent mille pads. Ces cent mille pads c'est quoi ? Ce sont des pads de particuliers, ce sont des gens qui font leur liste de déménagement, ce sont des associations, ce sont des syndicats, ce sont des écoles, ce sont des entreprises, voilà. Donc c'est tout le monde. Non pas qu'on aille regarder derrière comment ça se passe, qui crée quoi. C'est juste que forcément on assume un petit peu de support technique, nous, derrière et il y a toujours un mec de la CGT pour ne pas la citer, qui nous contacte en disant « Ah ! Mince, j'ai perdu l'URL de mon pad, machin. Comment est-ce que je fais pour la retrouver, etc ? C'est important parce qu'on est la CGT machin, truc. » Et c'est comme ça qu'on apprend qui utilise nos services.

Aujourd'hui il y a en gros douze, quinze mille pads qui sont créés par mois. Ça veut dire que vraiment le truc est en croissance et que, grâce à nos gentils admin sys bénévoles qui font ça le soir en rentrant chez eux après avoir fait de l'admin sys toute la journée, ces gens-là sont un peu fous, mais tant mieux, enfin moi ça m'arrange, le fait est que ça tient. Ça tient et qu'on peut continuer à grossir de ce côté-là, même si ça a un coût, j'y reviendrai.

On propose aussi Framacalc qui est un tableur en ligne. Malheureusement Framacalc est basé sur un logiciel libre qui s'appelle EtherCalc, qui n'est pas très, très développé. Donc là aussi on se posait la question d'un nouveau développement d'un financement pour une amélioration d'EtherCalc. Pourquoi pas ? Ce n'est pas le produit qui est le plus utilisé chez nous, mais on se dit que s'il n'est pas utilisé c'est peut-être parce qu'il n'est pas hyper stable. Et pourtant avoir un tableur en ligne c'est quand même vachement utile et tous ceux qui ont utilisé Google Spreadsheet dans leur vie se disent « Ah ouais, c'est quand même pas mal ».


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On a d'autres produits sur lesquels je vais passer un peu plus rapidement