Projet Signothèque - PSESHSP 2016

De April MediaWiki


Titre : Projet Signothèque - Contribuer pour créer et faire progresser l'accessibilité : La signothèque vise à encourager la créativité

Intervenants : Hocine (Sourd, President de l'association Arboré'Sign) - Sungja (Entendante, Porteuse du Projet Signothèque)

Lieu : PSESHSF (Pas Sage En Seine - Hacker Space Festival)

Date : Juillet 2016

Durée : 43 min 45

Pour visionner la vidéo ici ou ici

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Statut : Transcription en cours MO


Description[modifier]

Les domaines d'application sont variés, ajouter des dessins signés permet de rendre accessibles : des supports pédagogiques, des jeux de société, des jeux vidéo, des livres, des applications, des sites, des affiches de bar, de festivals.

Tout est permis : pourquoi pas des signes à la boulangerie du coin, chez le coiffeur, la création de supports papier de communication interne à l'entreprise pour aider à l'intégration des collègues sourds, etc...

Transcription des paroles de l'interprète[modifier]

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Hocine :

Bonjour à tous et à toutes.

Je suis le président de l'association Arboré'Sign. Le signe d'Arboré'Sign s'effectue comme ceci [il montre au public le nom de l'association en langue des signes, le mouvement représente une graine qui est plantée, grâce à laquelle pousse un arbre].

Le signe de la Signothèque s'effectue ainsi, en référence à celui de "bibliothèque". [il montre au public le terme en langue des signes désignant la Signothèque, qui se distingue de "bibliothèque" par la configuration des mains, les doigts étant écartés].

Pourquoi a-t-on crée la Signothèque ? Ce projet a commencé l'année dernière suite à ma rencontre avec Sungja, ici présente. Sa fille, sourde, est scolarisée au sein d'une école bilingue accueillant des élèves sourds, qui dispense un enseignement en langue des signes. De cette situation, est née une réflexion sur les moyens d'apprendre de manière autonome, une discussion s'est alors créée autour de cette problématique, incluant également la question de l'enseignement bilingue ainsi que la philosophie des logiciels libre. Nous avons donc échangé sur les moyens de mettre en place un projet en langue des signes, de manière collaborative.

Nous en sommes actuellement à notre sixième présentation du projet, après un passage par Toulouse, la Signothèque a également fait l'objet d'une conférence lors du festival Poop, qui a eu lieu récemment à Paris. Aujourd'hui, c'est donc la deuxième fois que nous l'exposons dans la région. L'avancée du projet fera probablement l'objet d'interventions futures auxquelles vous pourrez assister (notamment lors de l'événement Capitole du Libre).

Notre intervention n'est pas une véritable conférence au sens usuel, il s'agit plutôt d'un moment d'échanges, de partage. Lors du Capitole du Libre, la présentation sera davantage aboutie. A suivre !

Je vous invite à suivre ce powerpoint.

Qui parmi vous connaît la culture libre ? Certain-e-s d'entre vous connaissent cette notion. Voici quelques explications. La culture libre est absolument fondamentale, face à l'accès fragile qu'en ont les sourd-e-s, il est nécessaire que les deux cultures, la culture sourde et la culture libre, se côtoient.

Sungja va à présent prendre la parole.


Sungja :

On va d'abord commencer par vous donner une définition du projet Signothèque. Le projet de la Signothèque c'est quoi ? C'est quelque chose qu'on va trouver sur Internet. Un site regroupera des signes, via le format dessin vectoriel.


Hocine :

Beaucoup de sites contenant lexique en langue des signes ne sont pas mis à jour, ont été délaissés, désactivés ou ont fermé, il s'agit de sites « morts ». Comment peut-on protéger cette multitude de données, les rendre vivantes, pour que la langue de signes continue à vivre sur Internet ?

Par ailleurs, nous avons opté pour un format vectoriel. Sur internet, la langue des signes est très très peu voire pas du tout accessible via ce format.


Sungja :

Des problèmes se posent en terme de droits.


Hocine :

Effectivement, on fait face à la question du droit à l'image. Lorsque l'on élabore un dictionnaire en langue des signes, les signes sont effectués par une personne qui est photographiée ou filmée, il est alors possible de voir son visage, nous sommes ainsi contraints par le droit à l'image. Or, ces droits sont extrêmement chers. Une solution consiste à cacher, à flouter les visages pour qu'ils ne soient pas reconnaissables, ce qui garantie une neutralité.


Sungja :

Des problèmes de droits de diffusion, d'accès se posent. Il n'est pas clairement dit qu'on peut reprendre les données pour en faire ce qu'on veut. Ce n'est pas super efficace !


Hocine :

L'aspect dessin présente un intérêt pour l'apprentissage des enfants, qu'ils soient sourds ou entendants. Le mode écrit peut passer par la rédaction de mots, mais également par le dessin. Comment mettre en marche cette dynamique ? Je laisse Sungja intervenir autour de la thématique de l'éducation libre.


Sungja :

Dans un cadre pédagogique, ils apprendront qu'il est possible de faire ce que l'on veut avec un dessin crée selon les principes d'une philosophie libre, on peut le copier, le diffuser.


Hocine :

Peu de personnes ont les compétences techniques nécessaires. Nous avons actuellement besoin des compétences de développeurs. L'infographie constitue un autre domaine.

Extrêmement peu de personnes sourdes sont capables d’œuvrer en tant que développeur, bien que certain-e-s entendants pratiquant la langue des signes puissent assurer cette fonction. Y en-a-il parmi vous ? Ces compétences sont très précieuses, nous en avons énormément besoin, mobilisons toutes ces énergies pour être plus fort.

Une bonne visibilité est très importante, afin de rendre plus aisée la compréhension des éléments de la langue des signes. Certains signes représentés sur format papier sont source d'erreurs lorsqu'il s'agit de les reproduire. Ainsi, nous serons en mesure d'effectuer des modifications si cela s'avère nécessaire. Grâce à cet outil, des dessins pourront être retouchés de manière à obtenir un résultat plus juste. Il est possible de jouer sur les contrastes, de modifier certains paramètres pour que les personnes sourdes usher puissent également avoir accès à ces contenus.

La portabilité est un autre aspect essentiel. Il n'est pas nécessaire d'avoir un accès internet, même s'il n'y a pas de réseau, il est possible d'y accéder de manière autonome.


Sungja :

Ce n'est pas forcément pour faciliter l'apprentissage, mais pour plus de visiblité. Par exemple rendre la langue des signes présente sur un festival, ici ou dans une médiathèque, cela permet de prendre conscience que les sourds existent et qu'ils parlent une autre langue. Au niveau de l'apprentissage, cela donne des petits signes que l'on repère et que l'on apprend. Nous sommes donc davantage axés sur la culture, sur l’éducation des entendants, que sur l’éducation des sourds, même si, bien sûr, ce projet vise aussi l’éducation des personnes sourdes.


Hocine : Les questions pourront être posées après. Nous gardons la question concernant la plateforme IRC pour tout à l'heure. Abordons maintenant l'accessibilité. Qui parmi vous aime l'accessibilité ? D'abord, que signifie ce terme ? Ce n'est une question de handicap, mais d'adaptation. Il s'agit d'une réflexion sur les moyens de s'adapter aux différentes personnes, une réflexion sur de nouvelles ergonomies, quels que soient les profils de chacun : aveugles, sourds, sourds ushers, dysphasiques, personnes en fauteuil roulant...

La créativité est également un axe de notre projet. Le dessin est un bon moyen de s'exprimer, d'exprimer toute sa créativité et de la mettre au profit de la création lexicale. Dès lors qu'un signe a été crée, il est possible de le fixer sur un support via le dessin. Qui parmi vous a des compétences en dessin ? Qui est capable de dessiner des éléments de la langue des signes ?

Penchons nous maintenant sur la licence libre. Qui parmi vous connaît ce concept ? Qui peut me dire ce qu'est la licence libre ? Je vais en expliquer en quoi c'est quelques chose de vraiment fondamental, qui a sa place au sein de ce festival autour de la culture libre. La notion centrale est celle d'autorisation de reproduction, il est possible de reproduire un signe de la Signothèque sans coût financier. Dans le domaine de la cuisine, une personne peut aussi s'inspirer d'autres recettes, reproduire ce que les autres ont fait, pour cuisiner à sa sauce, tout à fait librement.


Personne du public :

La recette de cuisine aussi, on peut la prendre, donc c'est plus compliqué. Par exemple je me filme, je signe un nouveau mot. Il y a beaucoup de monde qui me regarde. Il y a des personnes qui le prennent et qui diffusent et ce n'est pas breveté. Donc un dessin, oui je le comprends.


Hocine :

Il s'agit seulement ici d'une autorisation de reproduction de dessins, de façon à ce que tout le monde puisse y avoir accès et les reproduire. Dans les années 1830, certains ouvrages comportaient déjà des dessins de signes de la langue des signes, qui étaient dors e déjà reproduits. A l'époque, les droits de diffusion s'appliquaient 70 ans après la conception de l'oeuvre, pour ma part il n'est pas question d'attendre tout ce temps, j'aimerais que ce qui est produit puisse être très rapidement diffusé. J'ai une autre philosophie en ce qui concerne la diffusion de ces contenus, c'est un choix assumé que d'autoriser leur diffusion pour que n'importe qui puisse les utiliser.

Passons à l'aspect "universel". Attention, cela ne signifie guère que la langue des signes est universelle. Il existe plus de 300 langue des signes à travers le monde.

La Signothèque est un outil collaboratif. Bien sûr, pour développer un projet, il faut une communauté et un partage pour l'élaboration en collaboratif.

Penchons nous sur le format vectoriel. Cet aspect est important car cela permet de garantir la qualité de l'image lors des impressions ou si cette dernière est agrandie. Si vous êtes développeurs je pense que vous connaissez les mérites du vectoriel ! Ce format est également intéressants pour les personnes aveugles.


Sungja :

On peut en effet changer les couleurs, les dimensions très facilement, pour les personnes malvoyantes, ça peut être intéressant pour jouer sur les contrastes. C'est également intéressant pour les aveugles, car l'avantage du vectoriel est que l'on peut ajouter aussi des métadonnées.


Hocine :

Concernant les métadonnées, une expérimentation a été menée il y a deux mois. Cette interface permettant d'annoter les signes, nous avons échangé autour de cette problématique, sur la manière dont on pouvait obtenir ces données à partir des réalisations. Ces élements connexes seront classés de manière à ce qu'ils soient retrouvés simplement. Il est également possible d'effectuer des réglages sur cette plateforme selon ce qu'on souhaite en terme de droits de reproduction. Il y a aussi une notification sur la licence, le type de licence. Il y a la paternité. Tout cela est visible et rattaché au dossier des fichiers SVG. Des mots clefs peuvent être rattachés au signe, via un recherche ou de façon automatique. Cette réflexion sera encore enrichie à l'avenir, tout le long de l'avancée du projet.

Utilisant le mode opensource, nous sommes également ouverts aux critiques, aux propositions de modifications, d'adaptations.

17' 20[modifier]

La base de données présente quelques visages dessinés, ces derniers sont interchangeables. Il est toutefois difficile de représenter le mouvement. Penchons nous d'abord sur le point suivant : éditeur rapide de signes. Comment construire rapidement un signe, de la manière la plus simple possible, en évitant toute complications ?


Sungja :

On a réfléchi à ça, c'est assez compliqué lorsque l'on est sur du dessin avec un infographiste, à part l'attacher dans une cave. Donc du coup, on a pensé à créer un éditeur rapide de signes qui serait pris avec différents éléments qu'on pourrait piocher pour créer un signe. Ce serait quelque chose avec la configuration des mains, des expressions du visage. Tout ça ce serait vraiment la base, avec des mains.


Hocine :

Les 5 paramètres de la langue des signes sont pris en compte : configuration des mains, orientation, emplacement dans l'espace, mouvement, expressions faciales. Le corps représenté pourrait être celui d'un homme, d'une femme, d'un animal, d'un robot,...


Sungja :

Nous avons attaché des graphistes et ils ont fait des essais. L'éditeur de signes fonctionnerait comme ainsi : on prend un visage et des sous-ensembles qu'on rattache, on voit que ça fonctionne très bien.


Hocine :

Il est possible d'effectuer quelques réglages, il s'agit ici d'essais qui n'ont pas encore atteints la perfection. Les progrès se feront petit à petit, tout au long de l'avancée du projet.

Voyons maintenant les multiples applications de la Signothèque. En terme d'éducation, tout d'abord, sachons que l'Etat n'accorde aucune subvention nous permettant de disposer d'ouvrages en langue des signes. Nous ne disposons pas de livres en langue des signes à des fins pédagogiques. Ici également, lors de notre passage à la médiathèque, nous n'avons rien trouvé de tout ça, si ce n'est un seul ouvrage, un dictionnaire en langue des signes.


Sungja :

Pour les entendants, par exemple, beaucoup de livres d'histoire sont accessibles.


Hocine :

Des subventions devraient pouvoir être allouées, il nous faut continuer à lutter, pour que l'éducation en France soit faite directement en langue des signes et créer des supports adaptés. En France, seulement 5% des enfants sourds ont accès à une éducation en langue des signes.


Sungja :

C'est vrai qu'en créant des ressources libres, ça facilite ce genre d'initiatives.


Hocine :

L'accessibilité peut concerner les festivals, le domaine du cinéma,... il en est question lorsque l'on commande à boire. Il n'est pas possible de faire des photocopies de documents existants, ces supports ne sont pas gratuits. Lors de festivals, des bénévoles ont opté pour le dessin, or cette technique est plus aléatoire, elle peut induire en erreur par manque de précisions. La Signothèque permettrait ainsi d'avoir une base de données où il est possible de piocher.

Concernant les jeux, les enfants peuvent jouer, grâce à des logiciels libres, se basant sur un fonctionnement en opensource.


Sungja :

La langue des signes peut être ajoutée dans les jeux de société, on peut l'imaginer sur des cartes à jouer. Pour le moment on a surtout pensé à des cartes à jouer, mais il doit sûrement y avoir d'autres jeux de société. Dans les jeux vidéos ou sur les tablettes numériques, il y a tout un tas de jeux éducatifs pour enfants entendants, mais pas pour les enfants sourds.


Hocine :

La Signothèque peut également constituer une aide pour la mémoire. Les interprètes sont très souvent confrontés à des néologismes, qui peuvent être vite oubliés. En ayant à disposition son éditeur de signes, ou en ayant fait des impressions des signes, il sera possible pour elles et eux de réviser certains termes si besoin.

La communication au sein de la famille est une question cruciale. 90% des enfants sourds naissent de parents entendants. Ces derniers ne pratiquant pas la langue des signes, la relation avec leur enfant en devient délicate. Les pouvoirs publics n'allouent pas de subventions pour le développement de formations de langue des signes, il est donc difficile d'apprendre cette langue. En revanche, l'implant cochléaire est gratuit ! La langue des signes est, quant à elle, payante ! Son apprentissage devrait être un droit, gratuit pour les parents.


Sungja :

Enfin l'implant cochléaire est gratuit pour les parents, pas pour la société ! Tandis que nous, plus on va développer de supports accessibles et gratuits, plus on va pousser les personnes à utiliser cette langue.


Hocine :

Vous pouvez à présent rejoindre les signothécaires, dont nous faisons partie. Il est possible de contribuer à ce projet de différentes manières. Les personnes qui ont des compétences en la manière peuvent participer au design des signes. Nous sommes actuellement une équipe d'environ 5 infographistes, dont un sourd qui est à Paris. Ces personnes interviennent bénévolement, mais ne sont pas à temps plein.


Sungja :

Il y une personne à Toulouse et quelques unes en Bretagne. On communique sur Internet et pour le moment on s'est donné pour mission de dessiner les différentes configurations des mains, en position paume de la main vers soi, vers le bas, vers l'extérieur et vers le haut. On répertorie donc pour avoir les mains. Les expressions du visage, il n'y en aura pas tant que ça à répertorier. Concernant le buste, on s'est dit avec un de trois quarts et un de face ça suffit. La plus grosse somme de travail, concernera les mains, pour alimenter la banque de signes, une banque qui va pouvoir permettre d'éditer des signes rapidement.

On a également développé l'éditeur de signes, un développeur a d'ores et déjà commencé. Jérémie, un développeur, a commencé à arranger le logiciel Gégé, sur Framasoft. Je ne sais plus comment ça s'appelle, c'est un éditeur de bande dessinée, il me semble.


Hocine :

Qui parmi vous connaît le logiciel Gégé ? Il est aussi possible d'utiliser Framasoft pour assurer ces fonctions.


Sungja :

Il y a aussi un petit personnage sur Framasoft. Il y a un éditeur. Ça ne vous dit rien ? Il est en train de le bidouiller pour le transformer en éditeur de signes, mais il aura sûrement besoin d'aide.


Hocine :

Si vous souhaitez participer, pleins de choses sont encore à faire : communiquer autour de vous autour du projet, trouver des financements, faire des tests, d'autres idées peuvent être proposées,... Nous devons aussi établir des liens avec les Fablabs, comme c'est déjà le cas à Toulouse, de même qu'avec les Tetalab. Tous ces ponts sont enrichissants et vous pouvez vous aussi en créer.

Surtout, parlez en autour de vous ! Rendez-vous sur les sites internet : signotheque.arboresign.org ou meetup.com/signotheque Twitter : @ArboreSign Emails : signotheque@arboresign.org (Sungja) ou contact@arboresign.org (Hocine, président de l'association ArboreSign)

Des rendez-vous sont proposés, comme des ateliers mensuels, qui reprendront à partir du mois de septembre. Ces ateliers ont lieu à Toulouse. D'autres projets sont en cours en ce qui concerne l'association, le préident coordonne 5 dynamiques.

C'est à présent le moment de poser vos questions.

27' 40[modifier]

Hocine :

Je souhaite vous parler d'un aspect important. Je suis souvent invité à participer à des festivals, sans qu'il n'y ait d'interprète en langue des signes. Ceci est du à un problème de manque de moyens financiers. Nous allons continuer à réfléchir à des solutions, des demandes de subventions peuvent être faites dans le cadre de partenariat, pour que l'an prochain des interprètes soient présent-e-s. Comment cela s'organise à Paris ? Je ne sais pas, étant basé à Toulouse, il est difficile pour moi d'agir directement.

A vos questions.

[Des questions figurant sur l'écran sont mises en avant.]


Public :

Combien y a-t-il de signes en langue des signes ?


Hocine :

Il n'y a pas de limites, le nombre de signes est infini.


Stéphane Bortzmeyer :

En attendant qu'ils finissent de taper sur IRC, je relaie une question posée sur Twitter. Il y a un groupe d'étude langue des signes à l'Assemblée nationale. Est-ce que vous avez pris contact avec eux et est-ce qu'ils peuvent être utiles pour ouvrir des portes. Le tweet en question : https://twitter.com/Tris_Acatrinei/status/749598574590255105


Sungia :

Ce groupe, c'est qui ?


Stéphane Bortzmeyer :

Je ne sais pas. Je relaie une question, une remarque sur Twitter.


Hocine :

Depuis 30 ans, un combat politique est mené, notamment à Toulouse, auprès du ministère de l'Education, de l'Education Nationale. Des problèmes persistent du fait de la non-reconnaissance de la langue des signes dans la constitution, dans la Loi. Par conséquent, les subventions allouées autour de la langue des signes sont très rares.


Sungja :

Effectivement, elles sont rares. De plus, à présent les sourds ont une toute petite subvention de la MDPH (Maison départementale des personnes handicapées). Les départements estiment que si les sourds veulent participer à la vie publique, ils n'ont que ça à disposition pour payer des interprètes. Les pouvoirs publics se désengagent de leur obligation d’être accessibles.


Hocine :

Le poids de la santé est beaucoup plus important que celui de l'éducation. Ces questions sont vraiment davantage traitées par le ministère de la santé, l'écart est énorme entre ces deux institutions. Je souhaiterais renverser la balance, que l'éducation soient au contraire mise en avant à sa juste place, que la santé soit mise de côté. Ceci concerne la France, mais il y a toutefois beaucoup d'autres lieux, comme en Finlande, où la langue des signes est vraiment reconnue.


Public :

Ce décalage entre éducation et santé est-il dû, justement, aux implants ? On préfère une solution technologique, qui ne fonctionne pas nécessairement pour tout le monde en plus, à une solution éducative pour permettre à plus de gens de connaître la langue des signes, pour permettre, à plus de gens de partager la communication des sourds dans leur environnement, même des entendants. Finalement, c'est une politique de surdité !


Hocine :

L'école de Ramonville est une des seules écoles qui proposent un parcours bilingue, n'étant pas sous la mainmise du ministère de la santé, qui éduque les enfants sourds directement en langue des signes. Je ne parlerai pas plus de la politique de l'Education Nationale en France.


Sungja :

Je voudrais ajouter, comme je travaille dans des écoles pour enfants entendants, on observe de toutes façons, de manière générale, que les budgets de la santé sont beaucoup plus importants que les budgets de l'éducation. Je ne sais pas pourquoi mais c’est comme ça.


[Moment de flottement, discussions techniques]


Hocine :

[question adressée à une personne présente dans le public] Wikimédia ? Quel est ton rôle ?


Personne du public :

Je suis référente du groupe Wikidata de Wikimédia France. Je suis bénévole. S'il y a des projets extérieurs de gens qui veulent travailler avec nous sur Wikidata et qu'ils ont besoin d'aide, je fais le lien entre les extérieurs et la communauté des bénévoles. On a lancé, nous aussi, le projet de signothèque libre, mais on a le même problème avec l'absence d'images libres. Ca permettrait de faire le lien avec d'autres signothèques libres dans d'autres langues des signes.


Hocine :

Très bien, merci pour votre réponse. Nous pourrons échanger davantage lors du Caputole du Libre, où des interprètes seront présent-e-s.


Hocine :

D'accord. Au Capitole du Libre ? Au Capitole du Libre, en fait, on pourra échanger plus parce qu'il y aura un interprète. Y seras-tu ?


Personne du public :

Je ne pense pas, je suis quasiment sûre que non. Mais je peux poser la question pour savoir s'il y aura d'autres « wikidatiens » qui pourront venir. Il y aura probablement d'autres gens. Pas moi, c'est sûr, mais d'autres gens.


Hocine :

D’accord merci. Une question [à une personne du public], quelle est la place du FSF ?


Personne du public :

Moi je ne fais pas partie de la FSF directement, mais je travaille avec le projet GNU et je travaille avec d'autres projets aussi qui sont intéressés pour soutenir le langage des signes et améliorer l'accessibilité en informatique. Déjà avec les Toulousains, c'est sûr, s'il y a un camp en 2018, on va faire en sorte qu'il soit accessible.


Hocine :

Oui, le camp "Ville Science Européenne" aura lieu en 2018 à Toulouse.


Public :

Hocine disait qu'il etait déjà engagé dans ce processus de Toulouse Ville Science Européenne en 2018. C'est ça ?


Hocine :

Oui, je m'y suis engagé pour l'organisation de cet événement, au côté du Fablab.


Public :

Avec le Hackerspace ?


Hocine :

Avec la Fab Foundation.


Public :

Fablab ?


Sungja :

Le Fablab festival est un festival autour des Fablabs. Il y a eu un Fablab 2016 à Toulouse autour des startups, d'imprimantes 3D, d'espaces de coworking,...


Hocine :

C'est quelquechose d'officiel.


Public :

Ah oui, c'est un autre monde, mais c'est bien, c'est complémentaire.


Hocine :

Oui, mais c'est tout de même proche.

Merci à vous, merci beaucoup aux personnes organisatrices du festival. Bon courage pour l'organisation de la prochaine édition, sous le signe de la rencontre des publics sourds et entendants. Merci.