Émission Libre à vous ! du 24 janvier 2023

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Titre : Émission Libre à vous ! du 24 janvier 2023

Intervenant·e·s : Vincent Calame - Katia Quelennec - Jean-Sébastien Barboteu - Laurent Costy - Isabella Vanni - ??? à la régie

Lieu : Radio Cause Commune

Date : 24 janvier 2023

Durée : 1 h 30 min

Podcast PROVISOIRE

Page des références de l'émission

Licence de la transcription : Verbatim

Illustration : Déjà prévue

NB : transcription réalisée par nos soins, fidèle aux propos des intervenant·e·s mais rendant le discours fluide.
Les positions exprimées sont celles des personnes qui interviennent et ne rejoignent pas nécessairement celles de l'April, qui ne sera en aucun cas tenue responsable de leurs propos.

Transcription

Voix off : Libre à vous ! l’émission pour comprendre et agir avec l’April, l’association de promotion et de défense du logiciel libre.

Isabella Vanni : Bonjour à toutes, bonjour à tous .

Scenari Isabella Vanni : Bonjour à toutes, bonjour à tous. Scenari, une chaîne éditoriale libre pour approcher autrement la production de contenu et la collaboration, c’est le sujet principal de l’émission du jour. Avec également au programme la chronique « Le Libre et la sobriété énergétique » de Vincent Calame sur le low-tech, et aussi la chronique « Le libre fait ça comm’ » sur l’initiative Libre en Fête. Nous allons parler de tout cela dans l’émission du jour.

Soyez les bienvenus pour cette nouvelle édition de Libre à vous ! , l’émission qui vous raconte les libertés informatiques proposées par l’April, l’association de promotion et de défense du logiciel libre.
Je suis Isabella Vanni, coordinatrice vie associative et responsable projets à l’April.

Le site web de l’émission est libreavous.org. Vous pouvez y trouver une page consacrée à l’émission du jour, avec tous les liens et références utiles, et également les moyens de nous contacter. N’hésitez pas à nous faire des retours ou à nous poser toutes questions.

Nous sommes mardi 24 janvier 2023. Nous diffusons en direct, mais vous écoutez peut-être une rediffusion ou un podcast.

À la réalisation de l’émission, mon collègue Frédéric Couchet. Bonjour Fred.

Frédéric Couchet : Bonjour Isa. Belle émission à vous.

Isabella Vanni : Nous vous souhaitons une excellente écoute.

[Jingle]

Chronique « Le libre et la sobriété énergétique » de Vincent Calame, bénévole à l’April, sur la low-tech

Isabella Vanni : Vincent Calame, bénévole à l’April, est présent aujourd’hui au studio pour sa chronique « Le Libre et la sobriété énergétique », exploration de la contribution du Libre à un enjeu politique, social et environnemental. Bonjour Vincent

Vincent Calame : Bonjour Isabella.

Isabella Vanni : J’ai noté que le thème que tu aborderas aujourd’hui est le low-tech. On est tout oreille.

Vincent Calame : Tout à fait. Je vous propose aujourd’hui de parler du concept de « low-tech » et je vais le faire à partir d’un ouvrage : le numéro 21 de la revue Passerelle, une revue éditée par Ritimo, parue en avril 2020, dont le titre est justement : « Low tech : face au tout-numérique, se réapproprier les technologies ». Précisons que cette revue est disponible en format papier au prix de dix euros ou librement téléchargeable aux formats PDF et Epub sur le site coredem.info ; vous trouverez l’adresse exacte dans les références de cette émission.

Cette revue se présente sous la forme d’une sélection d’articles parfois publiés par ailleurs, écrits par des personnes universitaires, militantes, praticiennes ou les trois à la fois. Certains des noms sont sans doute déjà connus de nos auditrices et auditeurs, comme Philippe Borrel, le réalisateur du documentaire La bataille du Libre. Bref, avec cette sélection d’articles, ce numéro essaie de faire un panorama des réflexions et expérimentations sociales et politique autour de la question des low-tech.

Isabella Vanni : Mais alors de quoi parle-t-on, exactement, quand on parle de low-tech ? », pour reprendre une des phrases de l’introduction de la revue.

Vincent Calame : Même avec un faible niveau d’anglais, on voit le jeu de mot fait en opposition à « high-tech » qui fait partie du jargon promotionnel des nouvelles technologies depuis plusieurs décennies. La « basse technologie » est une réponse à la critique de la « haute technologie ». La revue ne cache pas que le terme « low-tech », introduit par l’ingénieur Philippe Bihouix dans son ouvrage L’Âge des low tech en 2014, fait débat. Elle retient comme définition « qu’est low-tech la technique qui est utile, durable et accessible ou appropriable. » Les low-tech répondent à trois types d’enjeux qui constituent les trois parties du numéro : des enjeux sociaux, des enjeux environnementaux et des enjeux politiques.

Premier point de débat intéressant : la revue fait le choix assumé de s’intéresser aux low-tech dans le numérique. Cela peut sembler contradictoire d’accoler low-tech et numérique, car on pourrait justement réduire la low-tech à ce qui n’est pas numérique : par exemple le tourne-disque avec des 33 tours vinyle serait low-tech et le lecteur MP3 high tech. Mais, comme le rappelle la revue, le numérique a un tel impact dans notre vie actuelle qu’ignorer le numérique serait réduire la low-tech à une seule niche. En outre, comme l’aborde un des articles à propos de la région de Cusco au Pérou, il faut se garder de tout romantisme « low-tech » : lorsque la « low-tech » est subie par manque de moyens de se doter d’outils plus efficaces, elle n’a rien de séduisant. Et n’oublions pas que la force des gadgets high tech, au-delà de leur utilité intrinsèque, contestable mais souvent réelle, c’est que leur possession sert de marqueur social ; Apple l’a bien compris en croisant high tech et codes de l’industrie du luxe.

Enfin, pour conclure ce premier point de débat, je reprendrai ici une phrase issue de l’introduction : « Penser la low-tech numérique permet de davantage problématiser notre rapport aux technologies dans un contexte où Internet joue d’ores et déjà un rôle absolument crucial. »

Isabella Vanni : Et qu’en est-il du Libre dans la revue ?

Vincent Calame : Il est présent, bien sûr, comme exemple dans plusieurs articles. Il y a la présentation du documentaire La bataille du Libre comme je l’ai indiqué en introduction, et, surtout, un article de Lionel Maurel intitulé « Low Tech, logiciels libres et Open Source : quelles synergies à développer ? ». Dans cet article, l’auteur nous titille un peu, nous autres militantes et militants du logiciel libre, en rappelant que des grandes entreprises, fleurons de l’high tec, utilisent du logiciel libre et y contribuent, et que, suivant certains chiffres, 80 % de l’architecture d’Internet est constituée par des logiciels libres. Autrement dit, je cite l’auteur : « Le logiciel libre, qui mettait à l’origine en avant les enjeux d’émancipation liés à l’informatique, s’est peu à peu fondu dans la technostructure qui fait aujourd’hui peser un poids insoutenable au système-Terre ».
L’auteur appelle ainsi le monde du logiciel libre à un sursaut et suggère que l’approche « low tech » permettrait au logiciel libre – je cite encore – « de renouer avec sa philosophie originelle, diminuer sa dépendance aux grandes entreprises et mieux prendre en compte les enjeux écologiques ».

Comme piste, l’auteur cite les Chatons, le Collectif des Hébergeurs Alternatifs, Transparents, Ouverts, Neutres et Solidaires, que nous connaissons bien à cette antenne. La décentralisation induite par ce collectif est typiquement une approche « low tech ». Enfin, il termine son article sur la question du modèle économique adapté et, là, c’est du côté de l’ESS, de l’Économie sociale et solidaire, qu’il se tourne.

Voilà pour aujourd'hui. Vous noterez que je n’ai pas une seule fois utilisé aujourd’hui le terme « sobriété énergétique » qui est le thème principal de ma chronique, mais je pense qu’on comprendra que se réapproprier une technologie, ce qui est le sens profond du mouvement low-tech, c’est le meilleur moyen d’éviter l’emballement et un usage effréné de ressources qui se raréfient.
Qu’on se rassure, la sobriété reviendra en force à ma prochaine chronique.

Isabella Vanni : Je suis rassurée. Merci Vincent, et je te donne rendez-vous le mois prochain.

Vincent Calame : Tout à fait.

Isabella Vanni : Nous allons faire une pause musicale.

[Virgule musicale] Isabella Vanni : Après la pause musicale, comme annoncé, nous parlerons de la chaîne éditoriale libre Scenari. Nous allons maintenant écouter C’est du propre par Patatras. On se retrouve juste après. Belle journée à l’écoute de Cause Commune, la voix des possibles.

Pause musicale : C’est du propre par Patatras.

Voix off : Cause Commune, 93.1.

Isabella Vanni : Nous venons d’écouter C’est du propre par Patatras, disponible sous licence libre Art Libre.

[Jingle]

Scenari, avec Jean-Sébastien Barboteu et Katia Quelennec, sujet animé par Laurent Costy MO

Isabella Vanni: Nous allons poursuivre par notre sujet principal qui porte












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